Posts Tagged ‘Myotis’

Sélection d’articles en Octobre

mardi, octobre 15th, 2013

Une riche sélection d’articles scientifiques vous attend pour ce mois d’Octobre 2013 :

– Un article sur le Syndrome du Museau Blanc avec des analyses histopathologiques sur des chauves-souris européennes infectées par Geomyces destructans. L’étude confirme le fait que le champignon Geomyces destructans est à l’origine des lésions sur les ailes des animaux européens– avec un impact bien moindre du champignon sur les chauves-souris d’Europe comparées à leur congenères d’Amérique du Nord [Télécharger le PDF].

– Un article sur la taxonomie du genre Myotis à l’échelle mondiale. L’étude met en évidence – à l’aide d’arbres phylogénétiques et de modèles biogéographiques – les origines et la radiation du genre à l’échelle mondiale [lien vers le résumé].

– Une autre étude taxonomique, sur des espèces de la famille des Phyllostomidae. Cette étude se base sur des génomes mitochondriaux pour reconstruire la taxonomie des principales « branches » de la famille [lien vers le résumé].

– Une étude basée sur de nombreux marqueurs moléculaires qui identifie la structure actuelle des populations ainsi que les réfuges glaciaires du Petit Rhinolophe lors des récentes glaciations et la recolonisation de l’espèce dans le Paléarctique Ouest [lien vers le résumé].

– Une publication sur les perspectives de l’utilisation de l’ADN pour contrôler les chauves-souris (de l’espèce jusqu’à l’individu) en hibernation, notamment pour limiter le dérangement [Télécharger le pdf].

– Un travail qui étudie les conséquences génétiques de changements climatiques passés (glaciations) et futurs (réchauffement climatique) sur la distribution de l’oreillard gris [lien vers le résumé].

– La taxonomie de Myotis nattereri s’est trouvée récemment bouleversée, l’espèce serait en fait un complexe d’espèces avec notamment le Myotis sp. A. Cette petite note – basée sur des recherches de spécimens dans des Muséums – propose un nouveau nom pour ce taxon [Télécharger le PDF].


Références bibliographiques

Skin lesions in European hibernating bats associated with Geomyces destructans, the etiologic agent of White-Nose Syndrome. Wibbelt G, Puechmaille SJ, Ohlendorf B, Mühldorfer C, Bosch T, Görföl T, Passior K, Kurth A, Lacremans D and Forget F. PLoS ONE, 2013; 8(9): e74105. [doi:10.1371/journal.pone.0074105]

Ruedi, M., Stadelmann, B., Gager, Y., Douzery, E. J. P., Francis, C. M., Lin, L.-K., … Cibois, A. (2013). Molecular phylogenetic reconstructions identify East Asia as the cradle for the evolution of the cosmopolitan genus Myotis (Mammalia, Chiroptera). Molecular Phylogenetics and Evolution, 69(3), 437–449.

Botero-Castro, F., Tilak, M., Justy, F., Catzeflis, F., Delsuc, F., & Douzery, E. J. P. (2013). Next-generation sequencing and phylogenetic signal of complete mitochondrial genomes for resolving the evolutionary history of leaf-nosed bats (Phyllostomidae). Molecular Phylogenetics and Evolution, 69(3), 728–739.

Non-invasive genetics can help find rare species: a case study with Rhinolophus mehelyi and R. euryale (Rhinolophidae: Chiroptera) in western Europe. Puechmaille S and Teeling E. Mammalia, in press. [doi:10.1515/mammalia-2013-0040]

Phylogeography and postglacial recolonisation of Europe by Rhinolophus hipposideros: evidence from multiple genetic markers. Dool, S, Puechmaille S, Dietz C, Juste J, Ibáñez C, Hulva P, Roue S, Petit E, Jones G, Russo D, Toffoli R, Viglino A, Martinoli A, Rossiter SJ and Teeling E. Molecular Ecology, 2013; 22(15): 4055-4070. [doi:10.1111/mec.12373]

The shaping of genetic variation in edge-of-range populations under past and future climate change.
Razgour O, Juste J, Ibáñez C, Kiefer A, Rebelo H, Puechmaille SJ, Arlettaz R, Burke T, Dawson DA, Beaumont M and Jones G. Ecology Letters, 2013; 16(10): 1258-1266. [doi:10.1111/ele.12158]

Vespertilion (Myotis) latipennis (Crespon, 1844) : un nom pour la nouvelle espèce Myotis sp. A du groupe nattereri ? Allegrini B and Puechmaille SJ. Le Vespère, 2013; 3 181-183.

Les actualités principales en bimensuel.

mercredi, décembre 7th, 2011

Nous espérons pouvoir vous délivrer un récapitulatif sur l’actualité des chauves-souris dans le monde toutes les deux semaines.

Pour les bonnes nouvelles, les résultats du concours photo pour l’année de la chauve-souris sont en ligne. Félicitations à tous les lauréats ! De plus, nous avons concocté une petite sélection d’articles:

– un papier dans Nature qui confirme le lien entre le champignon Geomyces destructans et le Syndrôme du Museau Blanc (« White Nose Syndrome ») [lien vers le résumé en Anglais].

– un papier dans Nature Communications qui étudie la spéciation chez le plus petit mammifère du Monde, la chauve-souris bourdon (cf. article détaillé d’hier à propos de ce papier sur le Chiroblog), [télécharger le PDF],

– un papier sur le Murin de Natterer (Myotis nattereri), un complexe qui comprendrait 4 espèces dans le Paléarctique Ouest ! [lien vers le résumé en Anglais]

– un deuxieme papier sur le complexe d’espèces du Murin de Natterer qui présente la distribution des ces nouvelles espèces découvertes en France et la possible présence d’une espèce nouvelle pour la science en Corse [télécharger le PDF],

– un papier sur l’effet d’une grande route sur l’activité et la diversité des Chiros [lien vers le résumé en Anglais].

C’est tout pour aujourd’hui, à bientôt pour un nouveau point sur l’actualité des chauves-souris !

Pour l’équipe du Chiroblog,

Yann, Meriadeg & Séb

PS : Pour les utilisateurs de Twitter, RDV sur @bat_yann, @henlakebats et @SmileyBat pour plus d’infos chiros !

Geomyces destructans s’approche de l’Ouest Américain

mercredi, mai 19th, 2010

Le champignon associé au syndrome du nez blanc (WNS) vient d’être détecté dans l’Etat de l’Oklahoma (Woodward County). Ce site étend de plus de 500 km à l’Ouest l’aire connue de distribution de Geomyces destructans. Le champignon a été trouve sur un Myotis velifer, espèce jusqu’à présent non touchée par le WNS. Pour le moment, il n’est pas signalé de signes de mortalité sur le site en question ce qui lui vaut d’être uniquement classé dans la catégorie « suspecté positif ».

Ces informations sont issues d’un communique Pro-MED (18/05/2010).

Séb.

Des chiroptères et des Hommes – L’exploitation des déjections de chiroptères

lundi, mars 16th, 2009

Thèmes – Des chiroptères et des Hommes

Ce sujet sur l’exploitation des fèces de chiroptères est le premier post du thème « Des chiroptères et des Hommes ». Cette série, proposée sur un thème volontairement très ouvert, est destinée à accueillir tous les sujets traitant de situations de rencontre entre les humains et les chauves-souris. Toute contribution sera la bienvenue, qu’elle soit écrite ou en images. Pour publier sur un thème, les recommandations sont les suivantes: le titre de l’article commence par le titre de la série (ici: Des chiroptères et des Hommes -) et le thème est également mentionné dans les catégories (pour faciliter les recherches). Il est aussi possible de participer à ce thème en rédigeant un commentaire.

Thème – L’exploitation des déjections de chiroptères

Les grandes colonies de chiroptères sont sources de production importante de déjections. Le sol de certaines cavernes est recouvert d’une couche de plusieurs dizaines de centimètres de fèces. C’est le cas en Thaïlande, où a été tourné ce film (Caverne à (Tadarida plicata, en Ratchaburi – voir ci-dessous). Le guano recouvrant le sol de caverne abritant d’énormes colonies de certaines espèces (Tadarida plicata ou Taphozous par exemple en Thaïlande) est exploité pour ses valeurs fertilisantes. Constituant un engrais puissant, car elles recèlent une forte teneur en azote sous diverse formes (ammoniaques, nitrites, nitrates), les déjections de chauves-souris sont souvent récoltées puis conditionnées avant d’être vendues en gros ou au détail pour la fertilisation de cultures maraîchères ou ornementales. Un autre avantage de cet engrais naturel est qu’il contient de nombreuses bactéries provenant pour partie de l’intestin des chauves-souris et dont l’une des propriétés remarquables est de produire une enzyme ayant la capacité de dégrader la chitine, constituant élémentaire du squelette externe des insectes. Ces chitinases confèrent au guano des propriétés insecticides et nématicides naturelles intéressantes pour les exploitants agricoles. L’exploitation de cet engrais naturel est fonction de la taille de la colonie et de l’accessibilité de la grotte; certains sites produisent toute l’année et sont exploités de façon quasi industrielle en employant plusieurs dizaines de personnes (la grotte à Tadarida plicata de Ratchaburi en est un exemple en Thaïlande). D’autres sites, même plus modestes, représentent une part importante des revenus de certains villages qui les exploitent et ils deviennent donc l’objet de titres d’exploitations accordés aux villageois par le gouvernement. La responsabilité de ces sites est donc confiées aux villageois qui en gèrent les droits d’accès et le développement éventuel. La récolte des fèces est peu ou pas mécanisée, et l’équipement est plutôt rudimentaire. Les conditions de travail dans l’atmosphère étouffante et chargée de vapeur d’ammoniac sont particulièrement pénibles.

Géo-localisation de la caverne de Ratchaburi en Thaïlande, colonisée par des Tadarida plicata (et quelques Taphozous)


Pour l’équipe de maintient du chiroblog,
Merry