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Optimisation de l’échantillonage acoustique : zoom sur le Master de Jérémy Froidevaux

vendredi, décembre 19th, 2014

Inventorier l’ensemble des espèces de chauves-souris présentes en forêt se révèle être un véritable défi. Puisque les chauves-souris utilisent l’espace tri-dimensionnel de la forêt pour chasser (Jung et al. 2012) et ceci à différentes périodes de la nuit (Hayes 1997), la planification d’un échantillonnage acoustique doit tenir compte des différents paramètres spatio-temporels.

Partant de ces constats, nous avons voulu déterminer le meilleur schéma d’échantillonnage acoustique en termes d’exhaustivité (càd, nombre d’espèces de chauves-souris détecté) et d’efficacité (càd, nombre de nuits investies). Nous avons donc testé différents designs d’échantillonnage (càd, positions spatiales des détecteurs installés en forêts : trouée forestière, forêt intérieure, canopée) associés à différentes durées d’échantillonnages (4 premières heures après le coucher du soleil vs 2h après le coucher et 2h avant le lever du soleil vs la nuit entière).

Nous avons mis en place un plan d’échantillonnage aléatoire stratifié pour mener notre étude : sites d’échantillonnage (●), localisés dans différentes parcelles forestières (○) dans 8 km2 dominés par l’écosystème forestier (□) (Canton d’Argovie, Suisse)

Au total, 96 sites (32 par microhabitat forestier) ont été échantillonnés entre 6 à 12 fois pendant l’été 2013. Nous avons évalué la performance de 21 schémas d’échantillonnage en comparant la richesse spécifique et l’effort d’échantillonnage à l’aide de courbes d’accumulation d’espèces.

Courbes d’accumulation d’espèces de 4 designs pour une durée d’echantillonage de 8h

Avec plus de 145 000 séquences de cris d’écholocation enregistrées sur le terrain provenant de 16 espèces différentes, nous montrons dans cette étude qu’il est nécessaire d’échantillonner les trois microhabitats forestiers (trouée, foret intérieure et canopée) représentant la structure tridimensionnelle de la forêt, pendant la nuit entière. Lorsque le nombre de détecteurs est limité, l’échantillonnage au sein de la forêt intérieure et la trouée forestière s’avère être la meilleure solution alternative.

Installation du Batlogger au sein de la canopée © Florian Zellweger

À l’heure où les chiroptères sont utilisés comme bio-indicateurs des impacts du changement climatique (Jones et al. 2009), nos résultats constituent une étape importante pour la mise en œuvre de protocoles efficaces permettant de réaliser des inventaires chauves-souris au plus proche de l’exhaustif.

L’article au format PDF est disponible gratuitement sur le site d’Ecology and Evolution : Froidevaux, J. S. P., Zellweger, F., Bollmann, K., & Obrist, M. K. (2014). Optimizing passive acoustic sampling of bats in forests. Ecology and Evolution. doi:10.1002/ece3.1296

Jérémy pour le Chiroblog

Références bibliographiques

Hayes, J.P. (1997) Temporal variation in activity of bats and the design of echolocation-monitoring studies. Journal of Mammalogy, 78, 514-524.

Jones, G., Jacobs, D.S., Kunz, T.H., Willig, M.R. & Racey, P.A. (2009) Carpe noctem: the importance of bats as bioindicators. Endangered Species Research, 8, 93-115.

Jung, K., Kaiser, S., Boehm, S., Nieschulze, J. & Kalko, E.K.V. (2012) Moving in three dimensions: effects of structural complexity on occurrence and activity of insectivorous bats in managed forest stands. Journal of Applied Ecology, 49, 523-531.