Archive for avril, 2012

Lien entre le champignon Geomyces destructans et le syndrome du museau blanc (WNS): la preuve expérimentale.

mercredi, avril 11th, 2012

C’est dans « Proceedings of National Academy of Science » (PNAS), une revue américaine, que l’étude vient d’être publiée (le 10 Avril 2012). Le manuscrit initial a été soumis au journal le 9 janvier 2012 par des chercheurs canadiens de l’Université de Manitoba à Winnipeg. Ce travail expérimental a permis la vérification du 3eme postulat original de Koch, selon lequel l’inoculation du microorganisme isolé provoque la maladie. De plus, selon ces auteurs, le syndrome du museau blanc (WNS) et une issue fatale caractéristiques sont observés chez les chiroptères (Myotis lucifugus) inoculés puis placés en hibernation, quelle que soit l’origine géographique de la souche utilisée (Européenne ou Américaine). Les résultats de cette étude sont donc en faveur de l’hypothèse d’une espèce invasive d’origine européenne que la progression systématique du champignon vers l’Ouest américain et sa large répartition européenne semblaient déjà décrire. Cette perspective apparaît suffisante pour expliquer, à ce jour, la différence de sensibilité observée des populations de chiroptères Américaines et Européennes. Une histoire évolutive ancienne du champignon avec les chiroptères de l’ancien monde, dont n’ont pas bénéficié ceux du nouveau monde où le champignon aurait été introduit il y a quelques années, aurait favorisé l’adaptation des espèces du vieux continent et ainsi permis de limiter la pathologie associée à la présence du champignon. Cette dernière hypothèse serait vérifiée si les bases génétiques de mécanismes de résistance à l’infection par le champignon pouvaient être détectées chez les chauves-souris européennes alors qu’elles seraient absentes, ou beaucoup moins représentées, dans les populations de chiroptères américaines. La validation de cette dernière hypothèse et/ou une preuve expérimentale permettraient indiscutablement de minimiser le risque associé à Geomyces destructans pour les populations de chiroptères européennes.

Meriadeg

Source: Warnecke, L. et al., 2012. Inoculation of Bats with European Geomyces Destructans Supports the Novel Pathogen Hypothesis for the Origin of White-Nose Syndrome. Proceedings of the National Academy of Sciences. Available at: http://www.pnas.org/content/early/2012/04/03/1200374109 [Accessed April 10, 2012].

 

Africhiro : une expédition chiroptérologique en Afrique

dimanche, avril 8th, 2012

Il reste de nombreuses connaissances à acquérir sur la chiroptérofaune d’Afrique de l’Ouest, notamment sur la répartition et l’écologie de ces Mammifères. Avec l’accord des autorités locales et l’appui scientifique de Jakob Fahr, une prospection d’une durée de 5 mois de novembre 2010 à mars 2011, dans trois pays d’Afrique de l’Ouest a été menée. Une collaboration a été dévéloppé en Mauritanie avec le Parc National du Diawling, au Sénégal avec le Ministère des Eaux et Forêts et la LPO Mission Internationale et au Mali avec le Ministère des Eaux et Forêts et Mille Traces en France basée en Vercors.

Ainsi, 407 individus sur 54 soirées de capture, de 34 espèces différentes ont pu être capturés (avec les autorisations adéquates), mesurés et identifiés lors de cette étude. De plus, 25 gîtes accueillant des colonies de chauves-souris ont pu être décrits. Des résultats concernant la génétique et l’acoustique des chauves-souris étudiées sont en cours.

Si le travail d’acquisition des connaissances sur les espèces de chauves-souris est nécessaire en Afrique de l’Ouest, il sera indispensable d’y coupler un programme de mise en protection de certains gîtes, notamment de colonies à effectifs notables. De plus, une sensibilisation sur ces Mammifères auprès de la population locale demeure un aspect incontournable de la conservation des Chiroptères en Afrique de l’Ouest, spécialement pour les espèces troglophiles.

Plus d’infos pour le blog créé pour ce projet : africhiro.canalblog.com

Nicolas & Vanessa

Colonie de Rhinolophus fumigatus de 1200 individus au sein d’un baobab au Sénégal, dans la région de Joal-Fadiouth.

Une espèce emblématique de la chiroptérofaune d’Afrique de l’Ouest: Lavia frons ou chauve-souris à ailes orangées.

 

Pourquoi les chauves-souris sont nocturnes ?

mardi, avril 3rd, 2012

Malgré le grand nombre d’espèces de chauves-souris (+ de 1200 de par le monde), elles sont presque toutes actives quasiment exclusivement la nuit ! Seuls quelques animaux des îles océaniques comme la Noctule des Açores sont connus pour leur comportement diurne et occasionnellement, d’autres espèces des zones tempérées ou tropicales ont été observées en activité à la lumière du jour. Ces observations demeurent cependant relativement rares.

Durant la journée, plusieurs problèmes se posent pour les chauves-souris. Tout d’abord, ces dernières sont en compétition avec les oiseaux insectivores comme les hirondelles (Hirundininae) ou les martinets (Apodidae). Chasser la nuit permettrait aux chauves-souris d’exploiter une niche écologique peu exploitée par les oiseaux. Ensuite, les chauves-souris volant en plein jour sont susceptibles d’être attaquées par des oiseaux prédateurs comme des rapaces (Accipitridae, Falconidae). Ce risque de prédation existe aussi la nuit (ex: chouettes, faucons) mais est beaucoup plus faible. Une troisième hypothèse est developée dans un article tout récent de Voigt et al. (2011). La lumière du soleil absorbée par les ailes des chauves-souris causerait une augmentation du coût du vol à la lumière du jour. Chasser le jour serait avantageux seulement si le gain d’énergie relative est elevé et que le risque de prédation est faible. Les auteurs proposent une évolution de la couleur des ailes vers des tons plus sombres qui rendraient les chiroptères moins repérables par les prédateurs, piégeant ainsi les chauves-souris dans les ténèbres de la nuit.

Yann et Meriadeg

C. C. Voigt and D. Lewanski (2011). Trapped in the darkness of the night: thermal and energetic constraints of daylight flight in bats. Proceedings of the Royal Society B. Biological Sciences, 278 (1716) 2311-2317.
http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/278/1716/2311.short

Chiroptères, tags lumineux et direction de vol

lundi, avril 2nd, 2012

Connaissiez-vous l’utilisation de tags lumineux pour suivre à la trace les chauves-souris ?
Les modèles plus anciens ont permis notamment de suivre des animaux et d’enregistrer leurs émissions acoustiques.

Une nouvelle génération de tags lumineux est maintenant à l’étude, ces derniers laissant dans l’air une trace lumineuse
pendant quelques instants. Le matériel est toujours en développement mais voici en exclusivité la trajectoire de vol d’une Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus), équipée et suivie à proximité du lac de Constance en Allemagne. Une trajectoire pour le moins atypique !
Les futurs essais permettront d’en apprendre plus sur les stratégies d’utilisation de l’espace des chauves-souris.

Pour l’équipe du Chiroblog, Yann et Dorian

😉