Archive for mai, 2011

Convergences évolutives (1) : les chauves-souris pêcheuses

jeudi, mai 26th, 2011

L’évolution biologique peut se définir comme la modification, la transformation des espèces vivantes au cours du temps. Elle peut s’exprimer grâce à la reproduction des organismes d’une même espèce et implique « la descendance avec modification » selon la formule de Darwin. C’est un processus complexe soumis à différentes forces évolutives de deux types principaux: la variation (telles les mutations et la dérive génétique) et la sélection. Ces deux forces ne peuvent exercer leurs effets que dans une perspective temporelle (et spatiale). D’autres mécanismes décrits, comme par exemple la migration, sont plus ou moins liés aux précédents en les combinant de manière variable et influencent donc directement l’évolution biologique. Il n’existe aucun déterminisme dans l’évolution des espèces, cependant toutes les espèces vivantes d’une bioceonose sont liées entre elles et à leur environnement physique et biologique. Des conditions environnementales proches ou des interactions biologiques de même nature peuvent donc favoriser l’apparition d’adaptations similaires par un processus de convergence évolutive. Les exemples de convergence sont nombreux dans les différents règnes du vivant et l’interprétation erronée de leurs effets ont quelquefois conduit à des erreurs dans la recherche des relations phylogénétiques de certains groupes.

Les chauves-souris se caractérisent notamment par la grande diversité de leurs régimes alimentaires : pour la plupart des espèces l’insectivorie mais aussi la frugivorie, la nectarivorie, l’hématophagie et la carnivorie. Quelques espèces carnivores sont connues pour consommer des poissons, à l’aide de leurs pattes allongées et leurs pieds puissants. Ce régime alimentaire piscivore est un exemple de convergence évolutive, apparition indépendante dans plusieurs « branches »de l’arbre de la vie des chauves-souris.

Noctilio leporinus © Tony Hutson - merci à Tony pour cette magnifique image.

D’après Stadelmann et al. (2004), seules 2 espèces sont piscivores strictes : Noctilio leporinus, présente en Amérique du Sud et Centrale, et Myotis vivesi, endémique des côtes et îles du Golfe de Californie au Mexique. D’autres espèces de Myotis (les murins) consomment également des poissons, au moins de manière occasionnelle : M. macrotarsus, M. stalkeri et M. ricketti d’Asie, M. daubentonii d’Eurasie et M. macropus d’Océanie (IUCN Red List 2010 ; Stadelmann et al. 2004). La capture et la pêche de petits poissons pour la consommation du Murin de Daubenton ont été mises en évidence en laboratoire grâce aux travaux de Siemers et al. (2001). Myotis capaccinii est un nouveau venu dans cette liste des espèces pêcheuses. Les travaux récents d’une équipe de chercheurs du Pays Basque, menée par Joxerra Aihartza, caractérisent le comportement de pêche de cette espèce méditerranéenne. Ce Murin de Capaccini est malheureusement très menacé par la destruction et la dégradation de ses habitats de prédilection : les zones humides et les plans d’eau.
Un film de la Zoologia eta Animalia Zelulen Biologia saila:

Plus de détails en anglais sur ce site :

le site du National Geographic

Une autre vidéo de pêche (BBC) sur arkive.org:
ARKive video - Daubenton's bats fishing
Yann & Meriadeg

Références bibliographiques

The IUCN Red List of Threatened Species (2010). www.iucnredlist.org ; site internet consulté le 16 Décembre 2010

Siemers, B.J., Dietz, C., Nill, D. and Schnitzler H-U. (2001). Myotis daubentonii is able to catch small fish. Acta Chiropterologica 3: 71-75.

Stadelmann, B., Herrera, L.G., Arroyo-Cabrales, J., Flores-Martinez, J.J., May, B.P. and Ruedi, M. (2004). Molecular systematic of the fishing bat Myotis (Pizonyx) vivesi. Journal of Mammalogy 85: 133-139.

Découverte du plus vieux fossile de chauve-souris d’Afrique connu

mercredi, mai 25th, 2011

Tout récemment, l’équipe de paléontologie de l’Université Montpellier II, dans le cadre du programme PALASIAFRICA et en collaboration avec les universités d’Oran et de Tlemcen (Algérie), a découvert les restes fossiles de la plus ancienne chauve-souris d’Afrique connue à ce jour, dans la formation d’El Kohol (Algérie) datée de l’Eocène Inférieur (environ -50 Ma). Ce sont 3 fragments dentaires qui ont été obtenus après un mois de fouilles dans le désert algérien et après traitement du sédiment ramené en laboratoire (lavage et tamisage): une molaire supérieure presque complète, un trigonide (partie antérieure d’une molaire inférieure) et un talonide (partie postérieure d’une molaire inférieure.

Malgré la pauvreté du matériel, les fossiles ont permis d’identifier une forme ancestrale jusque là inconnue en Afrique du Nord à cette période (cf. Figure 1). Ces formes de chauves souris ancestrales sont documentées sur la quasi-totalité des continents pendant l’Eocène Inférieur (~54.8 à 49 Ma): en Amérique du Nord, en Europe, en Australie, en Asie du sud et possiblement en Amérique du sud. Ces formes impliquent 6 familles éteintes et sont nommées communément Eochiroptera. Ces dernières sont reconnaissables morphologiquement par des traits de caractère sur le squelette, le crâne ou sur les dents qui ne sont pas retrouvés sur les espèces actuelles. Les fossiles d’Afrique du Nord, jusqu’à maintenant, attestaient de faunes de chiroptères très diversifiées comprenant exclusivement des formes dérivée dès l’Eocène Inférieur (Maroc, Egypte, Tunisie). Cette nouvelle découverte permet donc de repousser dans le temps l’apparition des chiroptères sur le continent africain jusqu’au début de l’Eocène mais aussi d’élargir la distribution des Eochiroptera à l’ensemble du globe. Les origines et la radiations initiale des chiroptères restent cependant mal connues. La découverte de nouvelles données fossiles est primordiale afin de mieux comprendre ces épisodes importants de l’histoire évolutive des chauves souris.

Figure 1: Vue d’artiste du fossile d’Eochiroptera découvert par l’équipe de Paléontologique de l’Université de Montpellier II (c) Maëva Orliac

Anthony

Référence : Ravel A, Marivaux L, Tabuce R, Adaci M, Mahboubi M, Mebrouk F, Bensalah M (2011) The oldest African bat from the Early Eocene of El Kohol (algeria). Naturwissenschaften in press.

Année de la chauve-souris, le programme région par région

dimanche, mai 22nd, 2011

Le programme région par région de l’année de la chauve-souris en France !

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Vigie-nature chauves-souris : sentinelles de la biodiversité

lundi, mai 2nd, 2011

Tout savoir sur le Vigie-Nature Chauves-souris.

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