Archive for janvier, 2011

Une classification en perpétuel mouvement !

mardi, janvier 25th, 2011

La systématique, ou classification scientifique des espèces, consiste à décrire les espèces pour les regrouper sur la base de différents critères comme la morphologie, l’écologie, l’écholocation et aussi les données moléculaires. Une des voies empruntée par cette discipline, la cladistique (héritée des travaux de Willy Hennig), repose sur l’idée que le partage de caractères (dit dérivés) par plusieurs espèces provient très souvent de leur parenté. Les années 80, avec la découverte de la polymérase et l’invention de la PCR, ont vu l’émergence de la biologie moléculaire et des données génétiques pour aider à résoudre les relations de parenté des Chiroptères. C’est ainsi que de nombreux complexes d’espèces cryptiques (= « cachées ») ont été révélés, notamment en Europe. A l’échelle mondiale, de nouvelles espèces sont décrites chaque année, à la suite des révisions des collections de musées, d’une analyse approfondie sur le terrain et aussi grâce aux expéditions dans des contrées encore peu explorées. Ce travail de description des espèces est primordial, notamment du fait de ses implications dans le domaine de la conservation. Avec la description de nouvelles espèces, des espèces considérées fréquentes et réparties à large échelle se voient séparées en plusieurs espèces à aire de répartition diminuée. Ces nouvelles espèces sont donc fréquemment considérées plus vulnérables. Le travail des biologistes consiste ensuite à étudier ces espèces en détail sur le terrain afin de définir des priorités et des stratégies de conservation. Cette connaissance de la classification des espèces est d’autant plus nécessaire que de nombreuses menaces pèsent sur ces animaux. La fragmentation, l’altération ou la destruction des habitats et le processus de changement climatique, constituent deux facteurs principaux d’extinction d’espèces.

En 12 ans, entre la synthèse de Koopman (1993) et celle de Simmons (2005), c’est plus de 191 espèces nouvelles qui ont été décrites pour la Science, avec le compteur qui est passé de 925 à 1116 espèces (Figure 1). A ce jour, plus de 1232 espèces de chauves-souris seraient maintenant dénombrées (Simmons comm. pers.).

Figure 1: Evolution du nombre de description d'espèces chez les chiroptères de 1993 à 2010.

Yann & Meriadeg

Références bibliographiques

Koopman, K. F. 1993. Order Chiroptera. Pp. 137-241 in Wilson, D. E., and D. M. Reeder, eds. Mammal species of the world. A taxonomic and geographic reference, 2nd ed. Smithsonian Institution Press, Washington, DC.

Simmons, N. B. 2005. Order Chiroptera. Pp. 312-529 in Wilson, D. E., and D. M. Reeder, eds. Mammal species of the World. A taxonomic and geographic reference, 3rd edition. Johns Hopkins University Press, Washington.

Bonne année 2011!! L’année de la chauve-souris : c’est parti !

samedi, janvier 1st, 2011

Après l’année 2009 consacrée à Darwin et l’année 2010 à la biodiversité, cette nouvelle année est placée sous le signe de la chauve-souris ! C’est une mission de sensibilisation sur deux ans, commençant en Europe en 2011 avant une ouverture sur le monde en 2012. L’ambassadeur de cet évènement est Merlin Tuttle, très célèbre pour ses clichés de chauves-souris ainsi que la fondation Bat Conservation International dont il est le créateur.

En quelques lignes, rappelons les biens et services écosystémiques fournis par les chauves-souris grâce à leur guano comme source d’engrais, leur usage comme nourriture pour certaines populations ainsi que la consommation et régulation des insectes, la pollinisation des plantes tropicales et la dispersion des graines pour la régénération des forêts tropicales. De nombreuses recherches sont en cours sur les Chiroptères, notamment sur l’écholocation comme source d’inspiration (robot biomimétique, canne à ultrasons) mais aussi sur la salive des vampires qui contient des enzymes anti-coagulantes qui auraient des perspectives d’application dans le traitement des Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC). Ces nombreux intérêts des Chiroptères pour l’homme contribuent à la prise de conscience sur l’importance de les sauvegarder, comme la biodiversité en général, pour la seule satisfaction de leur existence et aussi en tant qu’héritage à transmettre aux générations futures. Comme aime à le dire Merlin Tuttle, « la vie sur cette planète ne serait pas la même sans les chauves-souris ».

Une seule adresse pour en savoir plus : http://www.yearofthebat.org/

Et la mascotte idéale pour cet évènement, la chauve-souris « Yoda », découverte en 2010 lors d’une mission en Papouasie Nouvelle Guinée.

Yann