Archive for the ‘Non classé’ Category

Sélection d’articles récents (Avril 2018)

mercredi, avril 25th, 2018

Nous vous avons à nouveau compilé une petite sélection d’articles scientifiques publiés ces derniers mois.

1. Gunnell GF, Smith R, Smith T (2017) 33 million year old Myotis (Chiroptera, Vespertilionidae) and the rapid global radiation of modern bats. PLoS ONE 12(3): e0172621 [lien vers l’article].

2. Medellin, R. A., Rivero, M., Ibarra, A., de la Torre, J. A., Gonzalez-Terrazas, T. P., Torres-Knoop, L., & Tschapka, M. (2018). Follow me: foraging distances of Leptonycteris yerbabuenae (Chiroptera: Phyllostomidae) in Sonora determined by fluorescent powder. Journal of Mammalogy [lien vers l’article].

3. Ar Gouilh, M., Puechmaille, S. J., Diancourt, L., Vandenbogaert, M., Serra-Cobo, J., Lopez Roïg, M., … Manuguerra, J.-C. (2018). SARS-CoV related Betacoronavirus and diverse Alphacoronavirus members found in western old-world. Virology, 517, 88–97 [lien vers l’article].

4. Teeling, E. C., Vernes, S. C., Dávalos, L. M., Ray, D. A., Gilbert, M. T. P., Myers, E., & Bat1K Consortium. (2018). Bat biology, genomes, and the Bat1K project: To generate chromosome-level genomes for all living bat species. Annual Review of Animal Biosciences, 6(1), 23–46 [lien vers l’article].

5. Fritze, M., & Puechmaille, S. J. (2018). Identifying unusual mortality events in bats: a baseline for bat hibernation monitoring and white-nose syndrome research. Mammal Review [lien vers le résumé].

6. Lintott, P. R., Davison, S., van Breda, J., Kubasiewicz, L., Dowse, D., Daisley, J., … Mathews, F. (2018). Ecobat: An online resource to facilitate transparent, evidence-based interpretation of bat activity data. Ecology and Evolution, 8(2), 935–941 [lien vers l’article].

7. Kerbiriou, C., Bas, Y., Le Viol, I., Lorrilliere, R., Mougnot, J., & Julien, J. F. (2018). Potential of bat pass duration measures for studies of bat activity. Bioacoustics, 1–16 [lien vers le résumé].

8. Millon, L., Colin, C., Brescia, F., & Kerbiriou, C. (2018). Wind turbines impact bat activity, leading to high losses of habitat use in a biodiversity hotspot. Ecological Engineering, 112, 51–54 [lien vers le résumé].

9. Zou, P., Fan, H., Lan, T., … Ma, J.Y. (2018). Fatal swine acute diarrhoea syndrome caused by an HKU2-related coronavirus of bat origin. Nature. 556(7700):255-258 [lien vers le résumé].

10. African Chiroptera Report (2017) African Chiroptera Report. AfricanBats, African Chiroptera Project, Pretoria [lien vers l’article].

11. Andriollo T, Ruedi M (2018) Novel molecular tools to identify Plecotus bats in sympatry and a review of their distribution in Switzerland. Revue Suisse de Zoologie, 125, 61-72 [lien vers le résumé].

12. Hill AP, Prince P, Covarrubias EP, Doncaster CP, Snaddon JL, Rogers A (2018) AudioMoth: Evaluation of a smart open acoustic device for monitoring biodiversity and the environment. Methods in Ecology and Evolution [lien vers le résumé].

Sélection d’articles récents

lundi, novembre 20th, 2017

Nous vous avons à nouveau compilé une petite sélection d’articles scientifiques publiés ces derniers mois:

1. Hernández-Brito D., Caret M., Popa-Lisseanu A.G., Ibáñez C. & Tella J.L. (2014). Crowding in the city: Losing and winning competitors of an invasive bird. PLoS ONE9(6): e100593 [lien vers l’article].

2. Haarsma A.-J. & van der Graaf C. (2009). Halsbandparkieten, een bredeiging voor Rosse vleermuizen? De Levende Natuur 114: 10–13 [lien vers l’article].

3. Bas, Y., Bas, D. & Julien, J.-F. (2017). Tadarida: A toolbox for animal detection on acoustic recordings. Journal of Open Research Software [lien vers l’article].

4. López-Baucells, A., Rocha, R. & Fernández-Llamazares, Á. (2017). When bats go viral: negative framings in virological research imperil bat conservation. Mammal Review, in press [lien vers l’article].

5. O’Mara, M.T., Wikelski, M., Voigt, C.C., Ter Maat, A., Pollock, H.S., Burness, G., Desantis, L.M. & Dechmann, D.K.N. (2017). Cyclic bouts of extreme bradycardia counteract the high metabolism of frugivorous bats. eLife, 6, e26686 [lien vers l’article].

6. Roemer, C., Disca, T., Coulon, A. & Bas, Y. (2017). Bat flight height monitored from wind masts predicts mortality risk at wind farms. Biological Conservation, 215, 116-122 [lien vers l’article].

7. Greif, S., Zsebők, S., Schmieder, D. & Siemers, B.M. (2017). Acoustic mirrors as sensory traps for bats. Science, 357, 1045-1047 [lien vers le résumé].

8. Fleischer, T., Gampe, J., Scheuerlein, A. & Kerth, G. (2017). Rare catastrophic events drive population dynamics in a bat species with negligible senescence. Scientific Reports, 7, 7370 [lien vers l’article].

9. Pettit, J.L. & O’Keefe, J.M. (2017). Day of year, temperature, wind, and precipitation predict timing of bat migration. Journal of Mammalogy, in press [lien vers le résumé].

10. Jan, P.-L., Farcy, O., Boireau, J., Le Texier, E., Baudouin, A., Le Gouar, P., Puechmaille, S.J. & Petit, E.J. (2017). Which temporal resolution to consider when investigating the impact of climatic data on population dynamics? The case of the lesser horseshoe bat (Rhinolophus hipposideros). Oecologia, 184, 749-761 [lien vers le résumé].

11. López-Baucells, A., Puig-Montserrat, X., Torre, I., Freixas, L., Mas, M., Arrizabalaga, A. & Flaquer, C. (2017). Bat boxes in urban non-native forests: a popular practice that should be reconsidered. Urban Ecosystems, 20, 217-225 [lien vers le résumé].

12. Le Roux, M., Redon, M., Archaux, F., Long, J., Vincent, S. & Luque, S. (2017). Conservation planning with spatially explicit models: a case for horseshoe bats in complex mountain landscapes. Landscape Ecology, 1-17 [lien vers le résumé].

13. Froidevaux, J.S.P., Boughey, K.L., Barlow, K.E. & Jones, G. (2017). Factors driving population recovery of the greater horseshoe bat (Rhinolophus ferrumequinum) in the UK: implications for conservation. Biodiversity and Conservation, 1-21 [lien vers l’article].

14. Bartonička, T., Bandouchova, H., Berková, H., Blažek, J., Lučan, R., Horáček, I., Martínková, N., Pikula, J., Řehák, Z. & Zukal, J. (2017). Deeply torpid bats can change position without elevation of body temperature. Journal of Thermal Biology, 63, 119-123 [lien vers l’article].

 

Influence de la qualité des haies sur l’activité des chauves-souris à différentes échelles spatiales

mercredi, novembre 8th, 2017

La biodiversité est menacée notamment par la perte des habitats et leur fragmentation. Le rôle des haies dans le maintien de la biodiversité est bien connu mais peu d’études ont montré l’importance des caractéristiques intrinsèques des haies et de la qualité des réseaux de haies à différentes échelles spatiales.

L’objectif de cet article est donc d’étudier, à différentes échelles spatiales du territoire, l’influence, sur l’activité des chauves-souris, de 3 indices de qualité des haies :

  • la densité des haies qui correspond à la somme de leurs longueurs en mètres à l’intérieur des zones tampons,
  • la diversité de structures des haies que nous avons calculé à partir de l’indice de Shannon (Shannon et Weaver, 1949) et d’une base de données décrivant les éléments linéaires du paysage dans cinq catégories: (1) alignement des arbres, (2) ripisylve, (3) des haies composées seulement des arbustes, (4) des haies boisées sans présence d’arbustes, (5) des haies composées de trois strates (arborées, arbustives et herbacée).
  • et la production de bois qui correspond à une mesure du volume de bois contenue par élément linéaire (en m3)

Matériels et méthodes

  • Site d’étude

Le site d’étude est situé dans l’estuaire de la Loire en zone Natura 2000 et est constitué principalement de prairies gérées de façon extensives avec un important réseau bocager. La Figure 1 représente la localisation des 51 points d’écoute dans le site d’étude. Nous avons réalisé 2 passages en 2011 un en juin et un fin août.

figure1

Figure 1 : Localisation des points d’écoute dans le site d’étude: (A) et agrandissement montrant les 3 distances à la haie étudiées (0m, 25m et 50m) (B)

  • Analyses acoustiques

A partir d’un plan d’échantillonnage aléatoire stratifié, afin d’obtenir un gradient de diversité de haies au sein du paysage, nous avons réalisé une étude acoustique (détecteur Tranquility Transect) où nous avons mesuré l’abondance d’activité des chauves-souris avec une méthode d’identification acoustique automatique (Vigie-Chiro) puis avec des vérifications individuelles.

  • Analyses statistiques

La Figure 2 présente les variables explicatives (Conditions d’échantillonnage, caractéristiques des sites, caractéristiques des haies, autocorrélation spatiale) et les variables de réponse qui sont de 2 types 1) Abondance d’activité de l’espèce et 2) Trait de la communauté (aériennes, glaneuses, etc).

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Figure 2 : Variables explicatives. i dans la Figure 2 est la taille de la zone tampon considérée. En effet, nous avons étudié l’effet de ces différentes variables à différentes échelles spatiales dans un rayon de 50 m à 1000m autour du point d’écoute. Chaque résultat (estimate±SE) obtenu à une échelle donnée est représenté dans une figure reprenant toutes les échelles spatiales étudiées, donnant ainsi 1) la tendance (positif ou négatif) et 2) la significativité de cette tendance, ce qui est représenté par la Figure 3 :

figure3Figure 3 : Echelles spatiales d’étude

Résultats

9 taxa (potentiellement 14 espèces) ont été identifiée parmi lesquelles 3 espèces dominantes : Pipistrellus pipistrellus (48.5%), Pipistrellus kuhli (24.4%) et Pipistrellus nathusii (21.2%). En utilisant une approche basée sur les espèces et les traits (stratégie de chasse et spécialisation (CSI)), nous avons évalué la façon dont la qualité des haies influence l’activité des chauves-souris à différentes échelles spatiales (de 50 à 1000 m). En général, nos résultats montrent l’importance de la qualité des haies pour les chauves-souris, mais la force de l’association entre les taxons et les haies semblent varier considérablement parmi les espèces et les échelles spatiales. Bien que cela dépende des taxons, la production, la densité et la diversité structurelle des haies ont un effet globalement positif. Nos résultats suggèrent que ces effets sont généralement plus importants à grande échelle.

  • Production de bois des haies

L’activité des espèces est généralement corrélée positivement avec la production de bois des haies, et majoritairement l’effet détecté est plus fort à de grandes échelles spatiales (Figure 4A) sauf notamment pour les espèces glaneuses (Figure 4B).

figure4
La Figure 4A montre que : 1) à 1000 m, l’indice de production de bois a un effet positif (au-dessus de zéro), sur l’activité des espèces dites aériennes et significatif (indiqué par l’astérisque); 2) l’effet d’échelle, de 50 m à 1000 m, obtenu à partir d’une régression linéaire, est significatif (représenté par la ligne pointillée).

  • Densité des haies

Nos résultats montrent que plus la densité de haies est importante autour du point d’écoute, plus il y a de cris de chauves-souris enregistrés. Cet effet est observé à presque toutes les échelles spatiales et est généralement plus fort pour de larges échelles spatiales.

  • Diversité des structures des haies

L’effet de la diversité des structures des haies est plus faible à larges échelles spatiales. Un effet contrasté et opposé est observé pour les espèces aériennes et glaneuses. L’activité de ces dernières (sauf pour les Myotis) diminue avec une augmentation de la diversité structurale des haies à toutes les échelles alors que l’activité des espèces aériennes augmentent jusqu’à 500m puis diminue à plus larges échelles.

Conclusions – recommandations pour la gestion

Nos résultats montrent l’importante de la quantité de haies (indice de densité) et de la qualité des haies (indice de diversité structurale et indice de production de bois) mais également l’intérêt de développer des réseaux de haies composées d’arbres de grandes tailles et de différents types (importance de l’hétérogénéité des habitats et niches écologiques). De plus, au-delà des rôles écologiques des haies pour les déplacements, la chasse et comme habitat notamment pour les chiroptères, et des services écosystémiques qu’elles offrent, l’indice de production de bois des haies montre l’importance de conserver et d’encourager le maintien des gros arbres et des arbres âgés à l’échelle du paysage.

Une des perspectives de cette étude est d’analyser l’influence de la typologie des haies par des approches fonctionnelles et des approches spécifiques (autre article en préparation).

Aurélie Lacoeuilhe, Nathalie Machon, Jean-Francois Julien et Christian Kerbiriou. Les quatre auteurs font partie du CESCO du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Les auteurs remercient EDF pour le financement de cette étude.

Référence bibliographique
Lacoeuilhe, A., Machon, N., Julien, J. F., & Kerbiriou, C. 2016. Effects of hedgerows on bats and bush crickets at different spatial scales. Acta Oecologica, 71, 61-72.

La pollution lumineuse impacte plus fortement les chauves-souris de France que l’artificialisation des sols

dimanche, septembre 17th, 2017

Le programme de suivi des chauves-souris mis en place par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris – le programme Vigie-Nature – permet d’évaluer l’état de santé des populations de chauves-souris en France. Créé en 2006, de nombreux bénévoles récoltent des données de présence de chauves-souris sur la base d’enregistrement des ultrasons. A partir de ces données, une équipe du Muséum a notamment étudié les impacts de la pollution lumineuse , l’agriculture intensive et l’artificialisation des sols sur les chauves-souris en France, en particulier les 4 espèces les plus suivies dans le programme : la pipistrelle commune, la pipistrelle de kuhl, la sérotine commune et la noctule de leisler.

Notre objectif était de déterminer si les effets de la pollution lumineuse sur ces espèces étaient négligeables au regard des autres pressions majeures qui menacent la biodiversité comme l’intensification de l’agriculture ou encore l’urbanisation.

Pour cela, nous avons mesuré autour de chacun des tronçons routiers :

  • la quantité de lumière ambiante la nuit à l’aide de couches satellites nocturnes
  • la proportion d’agriculture intensive
  • la proportion de surfaces imperméabilisées

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Puis nous avons cherché à relier ces paramètres avec l’activité des quatre espèces de chauves-souris.

Bildschirmfoto 2016-09-06 um 09.11.12Figure 2. Impact relatif des surfaces imperméables (cercle plein), de la radiance moyenne (carré noir) et de l’agriculture intensive (cercle vide) à 4 échelles spatiales sur l’activité de la pipistrelle commune (a), et sur la probabilité de présence de la pipistrelle de kuhl (b), la noctule de leisler (c) et de la sérotine commune (d). Si les coefficients sont en dessous de la ligne horizontale en pointillé (à 0 sur l’axe des y), l’effet est négatif. Si les barres d’erreurs chevauchent cette ligne, alors cette effet n’est pas significatif.

Pour les quatre espèces, nous avons trouvé que la pollution lumineuse avait un effet négatif significatif, et que cet effet était plus fort que celui de l’artificialisation des sols.

Cela démontre que l’usage massif d’éclairage artificiel dans les paysages urbains ajoute une pression supplémentaire significative à celle de l’artificialisation des sols, et que l’on sous-estime sûrement les impacts de l’urbanisation sur la biodiversité en ne prenant pas en compte cette pollution associée aux activités humaines.

Par ailleurs, les 4 espèces suivies étaient jusque-là considérées comme « attirées » par la lumière car elles ont souvent été observées chassant les insectes sous les lampadaires. Nos travaux suggèrent que même si localement elles peuvent chasser sous des lampadaires, le réseau d’infrastructure lumineuse dans le paysage à des effets négatifs sur le reste de leurs activités et de leurs cycles biologiques (en affectant la disponibilité en gîtes favorables ou en gênant leurs mouvements dans le paysage par exemple).

Toutefois, il est important de noter que l’impact de la pollution lumineuse étaient moins important que celui de l’agriculture intensive, qui reste une pression négative majeure pour la biodiversité en France et dans le monde.

Clémentine Azam, Isabelle Le Viol, Jean-Francois Julien, Yves Bas et Christian Kerbiriou

Référence de l’article

Azam et al. 2016. Disentangling the relative effect of light pollution, impervious surfaces and intensive agriculture on bat activity with a national-scale monitoring program. Landscape ecology. doi:10.1007/s10980-016-0417-3

Des modèles informatiques pour prédire les terrains de chasse des chauves-souris en Camargue

samedi, décembre 3rd, 2016

Au cours de la dernière décennie, les modèles d’habitat potentiels (Habitat Suitability Models, HSMs), ou modèles de distribution d’espèces (Species Distribution Models, SDMs), ont reçu une attention considérable dans les études de conservation et ont généré un large éventail d’applications. Ces modèles ont été utilisés à la fois pour identifier les variables environnementales qui influençent la distribution des espèces et aussi pour prédire leurs distributions en fonction de différentes variables. Ces modèles ont été utilisés jusqu’à présent principalement pour prédire des distributions à large échelle. Ils peuvent cependant être également utilisés à des échelles spatiales plus fines pour répondre à des objectifs de conservation.

Dans le cadre du programme Life+ ChiroMed, nous avons évalué la faisabilité d’utiliser ce type de modèle pour prédire la distribution des terrains de chasse de deux espèces de chiroptère, le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus). Nous avons suivi par télémétrie 34 Grands Rhinolophe et 29 Murins à oreilles échancrées provenant de deux colonies de parturition mixtes situées en Camargue et séparées de 21.5 km.

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Une équipe de radio-tracking en poste

 

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Murin à oreille échancrées

L’étude avait pour objectifs (1) de caractériser la sélection des terrains de chasse de ces deux espèces (2) de produire des cartes prédictives des terrains de chasse autour des deux colonies de parturition, (3) d’analyser la performance prédictive de quatre modèles d’analyse statistique (Mahalanobis distance, ENFA, MADIFA et MaxEnt), et (4) d’évaluer la faisabilité de prédire la distribution des terrains de chasse d’une colonie à partir des données obtenues sur une seconde colonie indépendante.

Notre étude montre que les quatre modèles testés permettent de générer des cartes prédictives des terrains de chasse potentiels spécifiques à chaque espèce de façon relativement fiable, sur la base de la configuration du paysage environnant chaque colonie. Parmi les 17 variables d’habitats sélectionnés, les ripisylves, les boisements et la distance à la colonie jouent un rôle clé dans la sélection des terrains de chasse des deux espèces. MaxEnt apparait comme le modèle le plus performant pour prédire la distribution potentielle des terrains de chasse autour de chaque colonie, même à partir de données télémétriques obtenues de façon indépendante sur d’autre colonies.

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Carte prédictive des terrains de chasse potentiels autour d’une colonie de parturition de Grand Rhinolophe obtenue avec la méthode MaxEnt. La carte a été construite en utilisant 70% des localisations obtenues par télémétrie, tandis que les 30% restantes (cercles blancs) ont été utilisées pour tester la performance prédictive du modèle. Les nuances de gris indiquent les probabilités d’être un terrain de chasse potentiel, allant de 0 (faible probabilité en gris clair) à 1 (forte probabilité en noir)

Les études de télémétrie pour étudier la sélection des terrains de chasse des chiroptères ont connu un développement important ces dernières années. Comme de nombreuses espèces de chauves-souris sont menacées par la perte d’habitats, les modèles prédictifs de distribution d’habitat potentiel peuvent être des outils utiles pour définir où et comment protéger les terrains de chasse autour des colonies de parturition. Cependant, ces modèles mériteraient d’être testés sur d’autres espèces de chiroptère et dans d’autres contextes paysagers afin de mieux évaluer leur pertinence pour prédire et caractériser la sélection des terrains de chasses autour des colonies de parturition.

Jocelyn Fonderflick, Clémentine Azam, Clarisse Brochier, Emmanuel Cosson et Delphine Quékenborn
Traduction de l’anglais par Yann Gager et Jocelyn Fonderflick

Référence de l’article

Fonderflick et al. 2015. Testing the relevance of using spatial modeling to predict foraging habitat suitability around bat maternity: A case study in Mediterranean landscape. Biological Conservation, 192, 120-129.

Remerciements

Un grand merci à Jean-Michel Bompar pour son cliché de murin à oreille échancrées, au Groupe Chiroptères de Provence et au Life+ ChiroMed

Version anglaise
Habitat suitability models (HSMs) have so far been used mainly to study broad-scale patterns of species distribution based on environmental variables; however, they can also be applied to address conservation needs at finer scales. In this study, we evaluated the feasibility of using HSMs based on presence-only data to predict bat foraging habitat suitability around maternity roosts using radio-tracking location data. We radio-marked 34 Rhinolophus ferrumequinum and 29 Myotis emarginatus from two mixed-species maternity roosts (21.5 km apart) in a Mediterranean landscape. We generated foraging habitat suitability maps for the two species and the two colonies incorporating 17 land cover variables as well as distance from the maternity roosts. We then compared the performance of four presence-only models: Mahalanobis distance, ENFA, MADIFA and MaxEnt. Our study found that all four models generated foraging habitat suitability maps that performed well at predicting the species-specific quality of foraging habitat based on the configuration of the landscape. Riparian vegetation, woodland and distance from roosts play a key role in foraging habitat selection around colonies both for R. ferrumequinum and M. emarginatus. MaxEnt was the model that best predicted suitable foraging hab- itats. These are also the best models at predicting foraging habitat suitability with relatively good performance around another colony maternity roost using independent radio-tracking locations. Because many bat species are threatened by foraging habitat loss, habitat suitability modeling offers a useful tool in defining appropriate conservation guidelines that protect foraging habitats around bat maternity roosts.

Sélection d’articles récents

vendredi, octobre 28th, 2016

Nous vous avons à nouveau compilé une petite sélection d’articles scientifiques publiés ces derniers mois:

1- Une étude sur le régime alimentaire de la grande Noctule (Nyctalus lasiopterus) identifié par séquencage d’ADN. Les résultats mettent une évidence 31 espèces d’oiseaux migrateurs appartenant à 8 familles de Passeriformes [lien vers le résumé].

2- Un article sur l’utilisation de gites par deux espèces de chauves-souris forestières dans le Sud-Ouest de la Suisse. Les résultats de radio- télémétrie montrent que le murin de Bechstein (Myotis bechsteinii) utilise des cavités arboricoles tandis que la barbastelle d’Europe (Barbastella barbastellus) gîte exclusivement dans des gîtes d’origine anthropique localisés en France. L’étude met notamment en avant l’importance de programme de conservation transfrontaliers [lien vers le résumé].

3- Une publication sur la réduction des impacts du Murin de Natterer (Myotis nattereri) dans les églises via l’utilisation combinée de gîtes artificiels et de dissuasion acoustique. Les deux méthodes permettent de limiter les dommages à l’église tout en préservant les colonies de chauves-souris mais les auteurs mettent en garde sur les dangers potentiels de la dissuasion acoustique [lien vers l’article].

4- Une revue bibliographique qui met en évidence les différents événements de mortalité multiples (≥ 10 décès de chauves-souris) à travers le monde. Plus de la moitié des événements ont une origine humaine, comme la destruction intentionnelle avant les années 2000 ou les éoliennes et la maladie du nez blanc après les années 2000 [lien vers le résumé].

5- Une étude qui propose une nouvelle méthodologie pour estimer la taille des colonies sur la base d’enregistrement d’ultrasons. Cette méthode, reposant sur l’utilisation d’un logiciel acoustique open-source et d’un script automatique, est bon marché et facile à mettre en oeuvre [lien vers le résumé].

6- Un article sur le suivi d’hormones du stress (métabolites glucocorticoides) à partir du guano de différentes colonies d’Eptesicus isabellinus. Cet outil pourrait servir à mettre en évidence le stress environnemental subit par les chauves-souris. Des informations supplémentaires sont nécessaires pour identifier un lien entre les concentrations de ces métabolites et la survie [lien vers le résumé].

7- Une publication qui met en évidence la prédation du mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) sur des chauves-souris en hibernation au Pays-Bas. Les résultats suggèrent que le mulot sylvestre cherche activement et tue des chauves-souris en hibernation ou s’attaque à des individus affaiblis, avec des conséquences potentielles sur la conservation des chauves-souris [lien vers l’article].

8- Une étude sur le comportement acoustique des Pipistrelles communes (Pipistrellus pipistrellus) en chasse simultanée. Les résultats mettent en évidence des décalages de fréquences qui correspondent à une réaction d’attention au conspécifique mais qui ne supportent pas l’hypothèse d’un évitement du brouillage spectral (Spectral Jamming Avoidance) [lien vers l’article].

9- Un article sur l’impact potentiel du changement climatique et la perte d’eau sur les chauves-souris insectivores vivant dans le désert. Sur la base d’une réduction expérimentale de la surface d’un point d’eau, les auteurs mettent en évidence une réduction de l’accès à l’eau pour les espèces larges et peu manoeuvrables [lien vers le resumé].

10- Une revue bibliographique avec une méta-analyse sur les collisions entre chauves-souris et véhicules ainsi que l’effet barrière des routes sur les chauves-souris. Sur la base de données collectées en Europe, les espèces de bas-vol ainsi que les juvéniles sont plus vulnérables aux collisions. Les auteurs soulignent notamment l’importance de mieux comprendre l’impact des routes sur les chauves-souris pour minimiser leur impact [lien vers le resumé].

Références bibliographiques

1 Ibanez C, Popa-Lisseanu AG, Pastor-Bevia D, Garcia-Mudarra JL, Juste J (2016). Concealed by darkness: interactions between predatory bats and nocturnally migrating songbirds illuminated by DNA sequencing. Molecular Ecology, in press.

2 Kühnert E, Schönbächler C, Arlettaz R, Christe P (2016). Roost selection and switching in two forest-dwelling bats: implications for forest management. European Journal of Wildlife Research, 62, 497-500.

3 Zeale MRK, Bennitt E, Newson SE, Packman C, Browne WJ, Harris S, Jones G, Stone E (2016). Mitigating the impact of bats in historic churches: the response of Natterer’s bats Myotis nattereri to artificial roosts and deterrence. PLoS ONE, 11, e0146782.

4 O’Shea TJ, Cryan PM, Hayman DTS, Plowright RK, Streicker DG (2016). Multiple mortality events in bats: a global review. Mammal Review, 46, 175-190.

5 Kloepper LN, Linnenschmidt M, Blowers Z, Branstetter B, Ralston J, Simmons JA (2016). Estimating colony sizes of emerging bats using acoustic recordings. Royal Society Open Science, 3, 160022.

6 Kelm DH, Popa-Lisseanu AG, Dehnhard M, Ibáñez C (2016). Non-invasive monitoring of stress hormones in the bat Eptesicus isabellinus – Do fecal glucocorticoid metabolite concentrations correlate with survival? General and Comparative Endocrinology, 226, 27-35.

7 Haarsma A-J, Kaal R (2016). Predation of wood mice (Apodemus sylvaticus) on hibernating bats. Population Ecology, in press.

8 Gotze S, Koblitz JC, Denzinger A, Schnitzler HU (2016). No evidence for spectral jamming avoidance in echolocation behavior of foraging pipistrelle bats. Scientific Reports, 6, 30978.

9 Hall LK, Lambert CT, Larsen RT, Knight RN, McMillan BR (2016). Will climate change leave some desert bat species thirstier than others? Biological Conservation, 201, 284-292.

10 Fensome AG, Mathews F (2016). Roads and bats: a meta-analysis and review of the evidence on vehicle collisions and barrier effects. Mammal Review, 46, 311-323.

Migration des chauves-souris en Europe

mercredi, septembre 7th, 2016

La migration automnale des chauves-souris a démarré, un nombre record d’animaux a déjà été capturé en Lettonie, à vous de jouer pour les relectures de bague!

Des conditions météorologiques favorables ont encouragé des millions de chauves-souris à migrer depuis le Nord-est de L’Europe jusqu’aux zones où elles passent l’hiver.

Piège Heligoland à Pape (Lettonie). Photo: Jasja Dekker.

Piège Heligoland à Pape (Lettonie). Photo: Jasja Dekker.

Plus de 4000 chauves-souris ont déjà été baguées à la station ornithologique de Pape en Lettonie. Les chauves-souris sont capturées à l’aide d’un piège Heligoland (voir photo), qui est mis en oeuvre par une coopération entre le Leibniz institute for Zoo and Wildlife Research (IZW) de Berlin et la Latvian University de Riga. Selon le Prof. Dr. Gunars Petersons (Agricultural University Jelgava), plus de 3500 pipistrelles de Nathusius baguées (Pipistrellus nathusii) ont été relachées depuis le début de la migration le long de la côte baltique de la Lettonie le 19 Août 2016, ainsi que plusieurs pipistrelles pygmées (Pipistrellus pygmaeus), sérotines bicolores (Vespertilio murinus) et noctules communes (Nyctalus noctula). Les résultats de cette année représente un nouveau record pour la station de recherche de Pape, qui mène des recherches sur les chauves-souris depuis les années 1960. Sur place, des chercheurs de Lettonie, d’Allemagne et des Pays-Bas ont été impressionnés par le spectacle naturel unique des milliers de chauves-souris volant le long du couloir de migration côtier.

Par ailleurs en Saxe-Anhalt (Etat fédéral en Allemagne), les premières migrations ont été enregistrées. “Depuis plusieurs jours, les pipistrelles de Nathusius, les sérotines bicolores et les noctules de Leisler migrent de manière intensive”, observe Bernd Ohlendorf du centre de référence de l’état pour la conservation des chauves-souris. En coopération avec le groupe Chiroptères local (Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V.), environ 4000 pipistrelles de Nathusius, sérotines bicolores et noctules de Leisler (Nyctalus leislerii) ont été baguées dans la région depuis 2015.

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Recaptures de bagues pour les populations de Pipistrelles de Nathusius du Nord-est de l’Europe en relation avec la densité des éoliennes en Allemagne (Voigt et al. 2015).

Pour une conservation des chauves-souris effective, il est entre autres nécessaire d’identifier les routes de migration, les gîtes et les zones où elles passent l’hiver à l’aide de relectures de bagues, parce que « concernant la migration des chauves-souris, nous tâtonnons littéralement dans le noir » témoigne Christian Voigt, scientifique du IZW. » Seules quelques relectures de bague et des études acoustiques suggèrent l’étendue réelle des mouvements de la migration automnale. Le nombre et la gamme des routes de migration annuelle dépassent tout ce que l’on sait sur les mammifères. Même les troupeaux de gnous migrateurs dans le Serengeti ne se déplacent pas sur d’aussi longues distances », analyse Christian Voigt.

Cependant, la migration automnale recense déjà ses premières victimes d’éoliennes. Dans un parc d’éoliennes en Lituanie, 7 cadavres de pipistrelles de Nathusius ont ate découverts lors d’une simple visite sporadique. En Saxe-Anhalt, c’est meme une noctule baguée qui a été retrouvée. Selon l’IZW, les chauves-souris meurent par collisions directes avec les pales ou même à cause des énormes fluctuations de pressions causées par les pales en rotation (barotrauma).

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Noctule baguée retrouvée morte sous une éolienne en Saxe-Anhalt. Photo: Bernd Ohlendorf

Durant les prochains jours et prochaines semaines, nous vous invitons à contrôler vos nichoirs à chauves-souris, déployer vos filets de capture et et chercher des carcasses sous les éoliennes pour obtenir des relectures de bague !

Note:

  • Les bagues trouvées doivent être communiquées aux autorités compétentes et aux centres de baguage.
  • Les cadavres de chauves-souris doivent être transmis (sous couvert d’autorisations) aux autorités compétentes.
  • En fonction des pays, les captures au filet et les contrôles de nichoirs requièrent des permis concernant la protection des espèces.

Références:

  • Communiqué de presse du Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Reseach, 24 Août 2016, Berlin: Fledermäuse auf dem Durchflug: Der Herbstliche Fledermauszug beginnt.
  • Communiqué de presse de l’Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V., 22 Août 2016, Stolberg/Harz: Fledermauszug der Rauhautfledermaus Mitte August 2016 in Deutschland.
  • Gunars Petersons 2016, pers. com. le 28 Août 2016, Pape.
  • www.fledermauszug-deutschland.de (28 Août 2016)
  • Voigt, C.; Lehnert, L. S.; Petersons, G.; Adorf, F.; Bach, L. 2015: Wildlife and renewable energy: German politics cross migratory bats. European Journal of Wildlife Research, February 2015. DOI 10.1007/s10344-015-0903-y.

Marcus Fritze pour le Bundesverband für Fledermauskunde,
Traduit de l’anglais par Yann Gager

Version anglaise

Autumn bat migration season has started, record numbers captured in Latvia, time to get ring recaptures!

Favorable weather conditions have encouraged millions of bats to migrate from north-eastern Europe to their wintering areas in Germany, France, Italy, the Benelux and probably other countries.

More than 5,000 bats have already been ringed at the ornithological station in Pape / Latvia in August 2016. Bats were captured in a Heligoland trap (see picture), which is operated by a cooperation between the Leibniz institute for Zoo and Wildlife Research (IZW) in Berlin and the Latvian University in Riga. According to Prof. Dr. Gunars Petersons (Agricultural University Jelgava) more than 4,000 ringed Nathusius bats (Pipistrellus nathusii) were released since the beginning of the migration season at the Latvian Baltic coast on the 19th of August 2016, as well as several Soprano pipistrelles (Pipistrellus pygmaeus), Parti-coloured bats (Vespertilio murinus) and common noctules (Nyctalus noctula). The results of this year represent a new record for the research station in Pape, which carries out bat research since the 1960s. Attending bat researchers from Latvia, Germany and the Netherlands were amazed by the unique natural spectacle, as thousands of bats were flying along the coastal migration corridor

Also in Saxony-Anhalt (Federal state in Germany) first migration movements were registered. “For several days, the Nathusius bats, Parti-coloured bats and Leisler’s bats have been migrating with great intensity”, says Bernd Ohlendorf from the state’s reference Centre for Bat Conservation. Here, in cooperation with the local bat working group (Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V.), some 4,000 Nathusius bats, Parti-coloured bats and Leisler’s bats (Nyctalus leislerii) were ringed since spring 2015.

For effective conservation of bats, it is necessary, inter alia, to identify migration routes, roosting sites, resting and wintering areas by ring-recaptures, because « concerning bat migration, we are groping in the dark, » says Christian Voigt, scientist at the IZW. « Only a few recoveries and acoustic studies suggest the real extent of the autumnal migration movements. The number and the range of the annual trails surpass everything that is known about mammals. Even the migratory herds of wildebeest in the Serengeti do not move such long distances », says Christian Voigt.

Since the start of autumn migration, first fatalities at wind turbines have already be seen. In a wind farm in Lithuania 7 dead Nathusius bats were found in a single sporadic inspection. In Saxony-Anhalt a ringed noctule was found, dead beneath a wind turbine. According IZW, bats are dying by collisions and even due to the enormous pressure fluctuations caused by the rotating blades (barotrauma).

The coming days and weeks should therefore be used for bat box controls, mist net catching and carcass searches under wind turbines to get ring recaptures!

Note:
– Found rings should be reported to the designated authorities and ringing head offices.
– Bat carcasses should be transmitted (under licence) to the responsible conservation offices.
– Mist net catchings and bat box controls require permits concerning species protection.

References:
– News release Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Reseach, 24th August 2016, Berlin: Fledermäuse auf dem Durchflug: Der Herbstliche Fledermauszug beginnt.
– News release Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V., 22th August 2016, Stolberg/Harz: Fledermauszug der Rauhautfledermaus Mitte August 2016 in Deutschland.
– Gunars Petersons 2016, pers. com. At 28th August 2016, Pape.
www.fledermauszug-deutschland.de (28th August 2016)
– Voigt, C.; Lehnert, L. S.; Petersons, G.; Adorf, F.; Bach, L. 2015: Wildlife and renewable energy: German politics cross migratory bats. European Journal of Wildlife Research, February 2015. DOI 10.1007/s10344-015-0903-y.

Marcus Fritze, Bundesverband für Fledermauskunde e.V.,Pape, 28th August 2016

Une nouvelle population de Grandes Noctules en Aveyron

vendredi, juillet 22nd, 2016

Le feuilleton des Grandes Noctules se poursuit, avec la découverte le mois dernier d’une nouvelle colonie de Grandes noctules dans la vallée du Lot, dans le Nord Aveyron, au pied de l’Aubrac.

La colonie a été découverte sans captures mais grâce à une méthode éprouvée, dite « méthode EXEN » de poursuite acoustique et visuelle de début et surtout de fin de nuit. Cette méthode non invasive avait été développée en 2012 pour la découverte de nos premiers gites de mise-bas de la Grande noctule en Auvergne (Beucher & Bernard, 2016). J’avais eu quelques contacts acoustiques de début de nuit (22h05) le 19 juin dernier au cours d’un comptage de colonie de Grand murins. Nous nous sommes ainsi relayés pendant environ 15 jours au sein de l’équipe EXEN et de Chauves-Souris Aveyron en fonction de la disponibilité des uns et des autres, avant d’aller au travail. Finalement, nous avons localisé un premier arbre-gite mercredi 06 juillet vers 6h15, à plus de 4.5 km du contact acoustique du 19 juin. Il s’agit d’une chênaie claire située sur des coteaux pentus du sud de la vallée du Lot.

La cavité, située dans un chêne à à peine 5m de hauteur, inspectée en journée et filmée en sortie de gite était occupée par 17 individus. Aucun jeune de l’année n’a pu être identifié (ni accroché à la mère ni volant). Evidemment, sans capture, nous ne pouvons présager du sexe des individus, et les images filmées avec le Sony α7S et ralenties en sortie de gite ne permettent pas de s’en rendre compte (uniquement des vues de dos des bêtes). Mais simplement la longueur des poils et les rendus en infrarouges permettent de penser qu’il s’agit bien d’adultes. L’expérience de 5 années de suivi de la population auvergnate où mâles et femelles cohabitent, nous invite à rester prudents et éviter toute supposition sur la base de la taille du groupe.

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Il est aussi évidemment trop tôt pour estimer la taille de la population locale, mais nous avons pu assister à un balai impressionnant de plusieurs dizaines de grandes noctules, évoluant avec martinets, hirondelles et faucon hobereau, et exploitant des nuées d’insectes au crépuscule ou au petit jour, en pleine ville, au-dessus du Lot. Cette nouvelle population est clairement distincte de celles connues jusqu’alors, mais étrangement située à mi-distance entre celle des femelles suivies par Marie-Jo Dubourg-Savage et l’équipe du Groupe Chiroptères Midi-Pyrénées sur le plateau du Lévezou (à plus de 22 km au sud) et à 22 km de celle des mâles et femelles non reproductrices qui avait été localisée par l’Alepe en 2007 (Sané, Vespère 2008) dans l’ouest Lozèrien. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les éventuels liens entre ces populations. Par ailleurs, la grande noctule a été contactée acoustiquement sur de multiples sites dans le Nord Aveyron (Cf. article sur le Chiroblog ‘La Grande Noctule en Aveyron‘), ce qui laisse penser que d’autres découvertes de colonies sont à venir. Cette nouvelle donnée ouvre un nouveau champ d’investigations pour avancer dans la connaissance de l’espèce localement bien sûr, mais aussi en parallèle des autres populations suivies dans le Massif Central et au-delà. Ça promet de belles campagnes de suivis à venir, de façon fine et sur le long terme, avec une aventure qui recommence.Un grand merci à ceux qui ont contribués, en équipe, à cette découverte : Frédéric Albespy, Frédéric Berougeon, Marie Beucher, Nicolas Cayssiols, Jeremy Dechartre, Chloé Guiraud, Aurélie Langlois, Mathieu Louis, Justine Mougnot, Laurie Nazon, Pierre Petitjean, Arnaud Rhodde et Chloé Tanton.

Yannick Beucher pour le bureau d’études EXEN et le groupe Chauves-souris Aveyron

Références bibliographiques

Beucher & Bernard (2016). La Grande noctule (Nyctalus lasiopterus) dans le Puy de Dôme : découverte d’une colonie de mise-bas et suivi d’activité par une méthode sans capture. Symbioses, 34, 9-13.

Sané (2008). La Grande Noctule Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) en Lozère: Résultats d’une semaine de suivi radio-télémétrique. Le Vespère, 1, 21-35 [Télécharger l’article].

Caractérisation de l’activité des chiroptères sous un parc éolien en activité et au sein d’un site naturel sous l’emprise d’une activité minière en Nouvelle-Calédonie

lundi, avril 18th, 2016

La Nouvelle-Calédonie est un petit archipel d’une superficie de 18 575,5 km2dans le Pacifique, qui abrite 9 espèces de Chiroptères, incluant 4 espèces de renards volants (famille des Pteropodidae). L’enjeu de conservation de ces espèces est d’autant plus important qu’elles constituent la seule faune mammalienne terrestre indigène du pays.

Depuis le milieu des années 1980, le secteur minier et notamment la production de nickel est très important pour l’économie néo-calédonienne (Institut de la Statistique et des Etudes Economiques (ISEE), 2014). Il a transformé les paysages et les conditions de vie des habitants. Ce secteur industriel nécessite des apports énergétiques toujours plus importants et devrait continuer à participer au développement des énergies renouvelables dont l’éolien (IRD, 2012). Les réserves estimées de nickel assurent la possibilité d’extraction sur plusieurs décennies en fonction du rythme de prélèvement et des techniques employées. Le cycle d’activité des industries minières est quasiment ininterrompu.

Jusqu’à présent, aucune étude n’avait été menée sur les impacts de telles activités anthropiques sur les chiroptères. C’est pourquoi ce stage comprend trois axes majeurs de travail:

– Le premier volet tente de déterminer l’éventuel impact des éoliennes sur l’activité des chiroptères (hors renards volants) présents sur un parc éolien.

– Le second volet a pour but de décrire l’utilisation des 3 habitats dominants (Forêt, lisière et maquis) par les chiroptères et de participer à l’élaboration de recommandations sur la gestion des milieux. La zone d’étude est située dans une zone naturelle en instance de destruction pour une extension minière.

– Enfin, le dernier volet correspond à la rédaction de recommandations pour les méthodes de suivis et de prise en compte des chiroptères dans le cadre de projets de développement éolien et/ou minier. Ces recommandations portent sur les possibilités d’atténuation d’impacts ou de compensation pour la conservation de ces espèces. Et cela tant au niveau des études d’avant-projet que post-projet.

Un inventaire acoustique a été effectué du 11 au 13 et du 18 au 22 mai 2015 ainsi que du 1er au 5 et du 15 au 19 juin 2015. Ces dates correspondent hypothétiquement à la période de trêve hivernale (moindre activité des chiroptères de l’archipel), (Thouzeau et Brescia, 2014a ; Millon, com. pers.). Ainsi, il ne s’agit pas de la période idéale pour mener ce genre d’études. Néanmoins, il s’agit des contraintes allouées à la réalisation de ce stage et cela a été pris en compte dans le traitement des résultats. Comme l’activité des chiroptères peut dépendre de la structure du paysage (Millon et al, 2015) et des conditions climatiques (Kerbiriou et al., 2006), les différentes modalités sont échantillonnées les mêmes nuits, de manière à minimiser les biais. Sur le parc éolien, des réplicas de points d’écoutes ont ainsi été réalisés sous 8 éoliennes au total. Chaque éolienne échantillonnée est couplée à une zone témoin environnante afin de pouvoir constater l’éventuel impact des éoliennes sur l’activité des chiroptères. De même, sur le site minier, 5 réplicas ont été réalisés sur les 3 habitats principaux de la zone de l’espace minier : la forêt, la lisière et le maquis. Cette méthodologie est employée dans le but de décrire l’utilisation des habitats par les chiroptères.

Au total, 159 heures d’enregistrements ont été analysés, soit :
– 31 échantillons des 3 premières heures et 30 minutes après le coucher du soleil,
– 5 échantillons de 15 heures (durée d’une nuit entière d’enregistrement).

Des contacts de 2 groupes d’espèces (celles des genres Chalinolobus et Miniopterus) ont été identifiés sur les 2 sites d’études. Chalinolobus neocaledonicus, est majoritairement présent sur le parc et le groupe actuellement indifférenciable Miniopterus australis/ M. macrocneme est majoritairement présent sur le site minier, et cela sur l’ensemble des différentes modalités échantillonnées.

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Chalinolobus neocaledonicus

Résultats de l’activité des chiroptères sur les 2 sites, toutes modalités confondues :

Parc éolien : 52 contacts/3h30 en moyenne
(42 contacts/3h30 de C. neocaledonicus et 10 contacts/3h30 de M.australis/ M.macrocneme).

Site minier : 119 contacts/3h30 en moyenne
(132 contacts/3h30 de C. neocaledonicus et 13 contacts/3h30 de M.australis/macrocneme).

Sonogrammes des espèces étudiées : (A) Chalinolobus neocaledonicus en milieu ouvert et (B) Miniopterus australis/macrocneme en lisière (fenêtre de 50 ms).

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Ce travail a permis de mettre en évidence l’activité notable dans le contexte néo-calédonien des chiroptères sur un site éolien et minier malgré la période inadéquate. La seule étude locale existante avait relevé une activité de 30 contacts/heure en milieu forestier et en période automnale, soit durant la période de gestation des espèces (Thouzeau & Brescia, 2014a). Il est alors possible d’imaginer que ces sites anthropiques sont largement fréquentés par les chauves-souris en période d’activité maximale et pourraient donc engendrer des impacts importants.

Cette étude est à la base de futures recommandations pour la conception de tels projets à l’échelle de l’archipel. Il s’agit d’une amorce justifiant de l’intérêt de mesures de conservation sur ces milieux anthropisés ainsi que de la sauvegarde des milieux favorables. Des recommandations générales et des méthodes d’évaluations d’impact ont été présentées afin de tenir compte de leurs effets sur les chauves-souris. Cependant, ces recommandations restent incomplètes et doivent être développées. Il est nécessaire de continuer à enquêter et réaliser de nouveaux suivis pendant la période de pleine activité. Grâce au cumul des enregistrements de chiroptères, il sera également possible de construire des modèles des caractéristiques des signaux, et enfin d’établir des logiciels d’analyse automatique applicables pour les espèces locales. Mais avant cela il est important de continuer à décrire et relever des mesures des signaux traités afin d’alimenter les connaissances existantes et, dans l’idéal, décrire des données bio-acoustiques pour l’ensemble des espèces du pays. Quelques enregistrements laissent à penser qu’il existe 2 typologies de signaux des Minioptères de la Grande Terre (actuellement indifférenciables). L’une avec une Fréquence terminale de 50,7 à 54,6 kHz et l’autre de 43,5 à 45 kHz. Ce stage aura permis, entre autre, l’identification de cris sociaux de Chalinolobus neocaledonicus jusqu’alors non recensés. Mais également la découverte d’une ensifère (sous-ordre des Ensifera: les sauterelles, grillons et courtilières) pouvant émettre jusqu’à 40 kHz, qui auparavant était confondue avec les émissions de Chalibolobus neocaedonicus. De plus, les résultats de contacts de Chalinolobus neocaledonicus ne sont pas en adéquation avec la biologie arboricole décrite de l’espèce (Kirsch et al., 2002 ; Thouzeau & Brescia 2014b). Dans notre étude cette espèce a surtout été enregistrée dans des milieux ouverts ou de lisière, et nous laisse ainsi penser qu’il reste des notions de sa biologie à découvrir.

Célia Colin

Références bibliographiques
Kirsch R.A., Tupinier Y., Beuneux G. & A. Rainho (2002). Contributions à l’inventaire chiroptèrologique de la Nouvelle-Calédonie. SFEPM. 129p.

Kerbiriou C., Julien J.-F., Ancrenaz K., Gadot A.S., Loïs G., Jiguet F. & R. Julliard (2006). Suivi des espèces communes après les oiseaux … les chauves-souris ? XI Rencontres « Chauves-souris » Muséum de Bourges 18-19 Mars, Bourges, France.

IRD (2012). « Atlas de la Nouvelle-Calédonie ». IRD Orstom. 269p.

Millon L., Julien J.-F., Julliard R. & C. Kerbiriou (2015). Bat activity in intensively farmed landscapes with wind turbines and offset measures. Ecological Engeneering, 75, 250-257.

Thouzeau A. & F. Brescia (2014a). Etude exploratoire des microchiroptères de Nouvelle-Calédonie. IAC. 31p.

Thouzeau A. & F. Brescia (2014b). Les microchiroptères de la Nouvelle-Calédonie. Non publié, 29p.

Webographie :

Site Internet de Institut de la Statistique et des Etudes Economiques de la Nouvelle-Calédonie (ISEE) (consulté le 28/03/2015)

Polllution lumineuse : zoom sur la thèse de Clémentine Azam

dimanche, avril 3rd, 2016

La pollution lumineuse générée par l’utilisation massive d’éclairage artificiel est, depuis une dizaine d’années, considérée comme une menace importante pour la biodiversité. Avec un développement de l’ordre de 6 % par an dans le monde (3 % en France), la pollution lumineuse affecte aujourd’hui près de 20 % de la superficie du globe.

Depuis le début de la crise économique de 2008, environ 10 000 communes ont mis en place un système d’extinction de l’éclairage public aux heures où peu d’habitants utilisent la voie publique (de minuit à cinq heures du matin environ). Cette mesure a été principalement mise en place pour réduire les coûts de l’éclairage public qui peuvent représenter jusqu’à 45 % de la facture d’électricité des communes. Or, alors que cette mesure s’intègre parfaitement dans les objectifs de développement durable des communes, en limitant la consommation d’énergie des territoires, aucune étude n’a jusqu’ici caractérisé si cette mesure pouvait efficacement limiter les impacts négatifs de l’éclairage artificiel sur la biodiversité.

C’est pourquoi nous avons effectué, dans le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français, une expérience pour tester l’effet de cette mesure sur 6 espèces de 2 genres de chiroptères (Figure 1). Nous avons effectué un échantillonnage apparié en enregistrant simultanément l’activité de chiroptères sur un site éclairé d’un lampadaire à Sodium Haute Pression et un site contrôle non éclairé. Les deux sites de chaque paire, similaires d’un point de vue de l’habitat, étaient situés le long de haies ou de lisières forestières et éloignés d’environ 200 m. Vingt-quatre paires étaient situées dans des communes pratiquant l’extinction nocturne des lampadaires et douze paires étaient situées dans des communes qui laissent leurs lampadaires allumés toute la nuit.

Photo_lampadaireFigure 1. Photographie de l’un des sites d’étude situé dans la commune de Dannemois (91). Crédit photo: Clémentine Azam.

L’activité de chiroptères a été mesurée toute la nuit en enregistrant tous les contacts de chiroptères avec un détecteur d’ultrasons SM2, sur une période couvrant 30 minutes avant et 30 minutes après le coucher du soleil. Les enregistrements ont ensuite été traités par le logiciel de classification automatique Sonochiro © et la classification des contacts a été validée en vérifiant manuellement les séquences ambiguës avec le logiciel Syrinx 2.6. La session de terrain a été effectuée de Juin à Août, durant les nuits où les conditions météorologiques étaient favorables.

Effets de l’éclairage sur l’activité de chiroptères

Les trois espèces de pipistrelles détectées (P. pipistrellus, P. kuhlii, P. nathusius) ainsi que les deux espèces de noctules (N. noctula, N. leisleri) ont présenté des niveaux d’activité plus importants sur les sites éclairés toute la nuit que sur les sites contrôles non éclairés (Figure 2), ce qui confirme leurs comportements de chasse sous les lampadaires. A contrario, les murins Myotis sp. et les oreillards Plecotus sp. étaient significativement moins actifs sur les sites éclairés toute la nuit que sur les sites non éclairés (Figure 2), ce qui confirme leur caractère lucifuge. En revanche, nous n’avons pas observé d’effets de l’éclairage sur l’activité de la sérotine commune E. serotinus.

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Figure 2. Nombre de contacts de chiroptères par nuit sur les sites contrôles non éclairés (« Unlit »), les sites allumés avec extinction (« Part ») et les sites éclairés toute la nuit (« Full ») pour (A) Myotis sp., (B) Plecotus sp., (C) Pipistrellus pipistrellus, and (D) Pipistrellus kuhlii. Les sigles « a » et « b » montrent les traitements lumineux qui ne sont pas significativement différents les uns des autres.


Effets de l’extinction nocturne sur l’activité des chiroptères

Pour les murins, l’effet négatif de l’éclairage persiste toujours sur les sites où les lampadaires s’éteignent à minuit (Figure 2), ce qui suggère que cette mesure n’est pas efficace pour limiter l’impact de la pollution lumineuse pour ce groupe d’espèce. Par contre, il semble que l’extinction nocturne des lampadaires soit bénéfique aux oreillards qui ont présenté des niveaux d’activités supérieurs sur les sites éclairés avec extinction que sur les sites non éclairés et éclairés toute la nuit (Figure 2). Cela suggère qu’ils profiteraient de l’extinction des lampadaires pour aller glaner les insectes accumulés sous les lampadaires, immobiles sur le sol ou sur les parois des maisons. Cependant, au vu du nombre limité de contacts pour ce groupe d’espèce, il est préférable de rester prudent avec ce résultat.

Nous n’avons observé aucun effet de l’extinction des lampadaires sur l’activité des pipistrelles de Kuhl et de Nathusius, et des noctules communes et de Leisler (Figure 2). Cependant, la pipistrelle commune a été significativement moins active sur les sites éclairés avec extinction que sur les sites éclairés toute la nuit, ce qui suggère que ces sites sont moins sélectionnés par l’espèce au regard de de la quantité d’insectes attirés sous les lampadaires allumés toute la nuit.

En conclusion, nos résultats suggèrent que les schémas actuels d’extinction nocturne ne sont pas très efficaces pour limiter l’impact de l’éclairage artificiel sur les chauves-souris. Cela est notamment dû au fait que les heures d’extinction ne correspondent pas forcément aux rythmes d’activités des chiroptères, qui sont pour la plupart actives en début de nuit. Cependant, cette mesure pourrait être efficace si l’extinction commencait plus tôt dans la nuit (avant 23h); en particulier le long de corridors écologiques qui sont essentiels au maintien de la biodiversité dans les paysages urbanisés.

Auteur : Clémentine Azam

Collaborateurs : Christian Kerbiriou, Arthur Vernet, Yves Bas, Laura Plichard, Julie Maratrat, Jean-François Julien et Isabelle Le Viol.

Référence de l’article

Azam C, Kerbiriou C, Vernet A, et al (2015) Is part-night lighting an effective measure to limit the impacts of artificial lighting on bats? Global Change Biology. 21:4333–4341. doi: 10.1111/gcb.13036

Voir aussi:

Day J, Baker J, Schofield H, et al (2015) Part-night lighting: implications for bat conservation. Animal Conservation. doi: 10.1111/acv.12200

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