Archive for the ‘Information’ Category

Liste de thèses sur les chauves-souris

mercredi, juin 21st, 2017

Nous vous proposons ici une liste de thèses en cours ou bien déjà publiées sur les chauves-souris. Cette liste se limite aux chercheurs francophones qui ont conduit leurs travaux en France ou bien à l’étranger. Nous mettrons régulièrement cette liste à jour. Si nous en avons oublié ou si les informations sont erronées, merci de nous en informer à l’adresse suivante : mail.chiroblog@gmail.com

Thèses en cours (titres provisoires) :

Tommy Andriollo (débutée en 2015). Muséum d’Histoire Naturelle de Genève (Suisse).
‘Molecular ecology and conservation of the Alpine long-eared bat (Plecotus macrobullaris)‘.

Charlotte Roemer (débutée en 2015). MNHN-UPMC (France).
‘Écologie du mouvement à l’échelle locale chez les chiroptères et risques anthropiques de collision’.

Fabien Claireau (débutée en 2015). MNHN-UPMC (France).
‘Chiroptères et continuités écologiques’.

Julie Pauwels (débutée en 2015). MNHN-UPMC (France).
‘Pollution lumineuse et biodiversité – quels leviers d’action pour limiter les impacts de l’éclairage public sur la faune nocturne ?’

Patrick Wright (débutée en 2015). Université d’Exeter (Royaume-Uni).
‘Molecular approaches to improve the conservation of Bechstein’s bats’

Jérémy Froidevaux (débutée en 2014). Université de Bristol (Royaume-Uni).
‘Conservation des Chiroptères en milieu agricole : évaluation des mesures agro-environmentales’.

Kévin Barré (débutée en 2014). MNHN-UPMC (France).
‘Compenser l’éolien avec le monde agricole : un dispositif gagnant-gagnant basé sur des mesures d’équivalence de biodiversité’.

Clément Cechetto (débutée en 2014). University of Southern Denmark (Danemark).
‘Multimodal integration in echolocating bats’.

Pierre-Loup Jean (débutée en 2013). Rennes (France).
‘Dynamique des populations du Petit rhinolophe en forêt d’exploitation’.

Thèses soutenues :

Clémentine Azam (soutenue en 2016). MNHN-UPMC (France).
‘Impacts of light pollution on bat spatiotemporal dynamics in France : implications for outdoor light planning’.
[Résumé en français] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Yann Gager (soutenue en 2016). Université de Constance (Allemagne)
‘Causes and consequences of social foraging in a neotropical bat’.
[Thèse en anglais].

Arielle Salmier (soutenue en 2016). Guyane (France).
‘Réponse des chiroptères aux environnements : diversité virale et potential d’adaptation’.
[Résumé en français].

Laurent Tillon (soutenue en 2015). Université Toulouse 3 Paul Sabatier (France).
‘Utilisation des gîtes et des terrains de chasse par les Chiroptères forestiers, propositions de gestion conservatoire’.

Philippe Théou (soutenue en 2015). Université de Tirana (Albanie).
‘Bat populations in Albania: Structure and dynamic of populations’.
[Thèse en anglais] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Francois-Henri Fabianek (soutenue en 2015). Université de Laval (Canada).
‘Sélection de l’habitat diurne des chauves-souris dans un contexte d’aménagements sylvicoles en forêt boréale’.
[Thèse en français].

Fidel Botero-Castro (soutenue en 2014). Université de Montpellier II (France).
‘Systématique, phylogénie et évolution moléculaire des Phyllostomidae (Mammalia, Chiroptera): une approche mitogénomique comparative’.
[Résumé en français].

Aurélie Lacoeuilhe (soutenue en 2014). MNHN-UPMC (France).
‘Gestion de la biodiversité sur les sites anthropisés : de l’échelle des sites d’entreprises à celle du paysage’.
[Thèse en français] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Yohan Charbonnier (soutenue en 2014). (France).
‘Relations entre diversité des habitats forestiers et communautés de chiroptères à différentes échelles spatiales en Europe : implications pour leur conservation et le maintien de leur fonction de prédation.’
[Résumé en français].

Baptiste Régnery (soutenue en 2013). MNHN-UPMC (France).
‘Les mesures compensatoires pour la biodiversité: conception et perspectives d’application.’
[Thèse en français] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Pierline Tournant (soutenue en 2013). Université de Franche Comté (France).
‘Impact du paysage sur la distribution spatiale et génétique des colonies de petit Rhinolophe’
[Résumé en français] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Vuong Tan Tu (soutenue en 2013). MNHN-UPMC (France).
Phytogéographie comparée des chauves-souris (mammifères, chiroptères de l’Indochine).
[Résumé en français].

Anthony Ravel (soutenue en 2012). Université de Montpellier II (France).
‘Origine et radiation des chiroptères modernes : implication des faunes paléogènes d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud’.
[Résumé en français] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Nicolas Nési (soutenue en 2012). MNHN-UPMC (France).
‘Systématique et phylogéographie des chauves-souris africaines de la sous-famille des Epomophorinae (Chiroptera, Pteropodidae)’.
[Résumé en français] et [Présentation des travaux de thèse sur le Chiroblog].

Audrey Lacroix (soutenue en 2012). Montpellier (France).
‘Découverte et caractérisation de nouveaux virus transmis par les chiroptères au Cambodge et au Laos’.
[Résumé en français].

Sébastien J. Puechmaille (soutenue en 2009). University College of Dublin (Irlande).
‘A molecular and ecological investigation into the evolutionary history of Craseonycteris thonglongyai.’
[Publication 1], [Publication 2] et [Publication 3].

Allowen Evin (soutenue en 2009). MNHN-UPMC (France).
‘Evolution phénotypique, phylogéographie et insularité des chauves-souris du bassin méditerrannéen occidental’.
[Résumé en français].

Meriadeg Ar Gouilh (soutenue en 2008). MNHN-UPMC (France).
‘Relations écologiques virus / chiroptères : Coronavirus, CoV-SRAS et autres virus de la chirofaune de Thailande : détection, caractérisation et écologie’.
[Résumé en français].

Xavier Pourrut (soutenue en 2008). Aix-Marseille II (France).
‘Implication des chauves-souris dans les épidémies de filovirus en Afrique : modalités de contamination de l’homme et des grands singes.’
[Résumé en français].

Benoît Stadelmann (soutenue en 2005). Université de Genève (Suisse).
‘Historical biogeography and speciation in the cosmopolitan genus Myotis (Chiroptera: Vespertilionidae).’

Emmanuel Cosson (soutenue en 2003). Université de Provence, Aix – Marseille I (France).
‘Etude phylogéographique d’une espèce vulnérable, le Murin de Capaccini (Myotis capaccinii Bonaparte 1837) et stratégies de conservation des populations résiduelles.’

Eric Petit (soutenue en 1998). Université Friedrich Alexander (Allemagne).
Structure et histoire post-glaciaire des populations de Noctule commune Nyctalus noctula (Chiroptera, Mammalia). Une analyse de colonies européennes utilisant des marqueurs génétiques mitochondriaux et nucléaires.’
[Publication 1], [Publication 2], [Publication 3] et [Publication 4].

– Jean-François Cosson (soutenue en 1994). Paris XI (France).
‘Dynamique de population et dispersion de la chauve-souris frugivore Carollia perspicillata en Guyane française.’
[Résumé en français].

Petite rétrospective de l’année 2016

mardi, janvier 3rd, 2017

Au cours de l’année 2016, après une petite rétrospective de l’année 2015, nous vous avons proposé une sélection de sept articles originaux sur des sujets aussi variés que:
la migration de la Pipistrelle de Nathusius.
des inventaires acoustiques en Nouvelle-Calédonie
la pollution lumineuse et l’extinction nocturne des lampadaires
une nouvelle population de Grandes Noctules en Aveyron
la migration des chauves-souris en Europe
les chauves-souris du Burkina-Faso
la prédiction des terrains de chasse en Camargue par des modèles informatiques
sans oublier deux sélections d’articles scientifiques, une première en Mars et une seconde en Octobre.

Un grand merci à tous les auteurs – Célia Colin, Clémentine Azam, Yannick Beucher, Marcus Fritze, Malika Kangoye, Jocelyn Fonderflick, Clarisse Brochier, Emmanuel Cosson et Delphine Quékenborn– pour leur contribution !

Nous vous rappelons que le Chiroblog est une plate-forme participative, un simple e-mail à l’adresse mail.chiroblog@gmail.com et l’équipe vous donnera accès aux coulisses du blog pour la rédaction de vos articles ! Plusieurs articles sont déjà en relecture.

Merci de votre intérêt pour les chiroptères et à très bientôt sur le Chiroblog.

Pour l’équipe du Chiroblog,
Yann, Sébastien et Mériadeg

Sélection d’articles récents

vendredi, octobre 28th, 2016

Nous vous avons à nouveau compilé une petite sélection d’articles scientifiques publiés ces derniers mois:

1- Une étude sur le régime alimentaire de la grande Noctule (Nyctalus lasiopterus) identifié par séquencage d’ADN. Les résultats mettent une évidence 31 espèces d’oiseaux migrateurs appartenant à 8 familles de Passeriformes [lien vers le résumé].

2- Un article sur l’utilisation de gites par deux espèces de chauves-souris forestières dans le Sud-Ouest de la Suisse. Les résultats de radio- télémétrie montrent que le murin de Bechstein (Myotis bechsteinii) utilise des cavités arboricoles tandis que la barbastelle d’Europe (Barbastella barbastellus) gîte exclusivement dans des gîtes d’origine anthropique localisés en France. L’étude met notamment en avant l’importance de programme de conservation transfrontaliers [lien vers le résumé].

3- Une publication sur la réduction des impacts du Murin de Natterer (Myotis nattereri) dans les églises via l’utilisation combinée de gîtes artificiels et de dissuasion acoustique. Les deux méthodes permettent de limiter les dommages à l’église tout en préservant les colonies de chauves-souris mais les auteurs mettent en garde sur les dangers potentiels de la dissuasion acoustique [lien vers l’article].

4- Une revue bibliographique qui met en évidence les différents événements de mortalité multiples (≥ 10 décès de chauves-souris) à travers le monde. Plus de la moitié des événements ont une origine humaine, comme la destruction intentionnelle avant les années 2000 ou les éoliennes et la maladie du nez blanc après les années 2000 [lien vers le résumé].

5- Une étude qui propose une nouvelle méthodologie pour estimer la taille des colonies sur la base d’enregistrement d’ultrasons. Cette méthode, reposant sur l’utilisation d’un logiciel acoustique open-source et d’un script automatique, est bon marché et facile à mettre en oeuvre [lien vers le résumé].

6- Un article sur le suivi d’hormones du stress (métabolites glucocorticoides) à partir du guano de différentes colonies d’Eptesicus isabellinus. Cet outil pourrait servir à mettre en évidence le stress environnemental subit par les chauves-souris. Des informations supplémentaires sont nécessaires pour identifier un lien entre les concentrations de ces métabolites et la survie [lien vers le résumé].

7- Une publication qui met en évidence la prédation du mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) sur des chauves-souris en hibernation au Pays-Bas. Les résultats suggèrent que le mulot sylvestre cherche activement et tue des chauves-souris en hibernation ou s’attaque à des individus affaiblis, avec des conséquences potentielles sur la conservation des chauves-souris [lien vers l’article].

8- Une étude sur le comportement acoustique des Pipistrelles communes (Pipistrellus pipistrellus) en chasse simultanée. Les résultats mettent en évidence des décalages de fréquences qui correspondent à une réaction d’attention au conspécifique mais qui ne supportent pas l’hypothèse d’un évitement du brouillage spectral (Spectral Jamming Avoidance) [lien vers l’article].

9- Un article sur l’impact potentiel du changement climatique et la perte d’eau sur les chauves-souris insectivores vivant dans le désert. Sur la base d’une réduction expérimentale de la surface d’un point d’eau, les auteurs mettent en évidence une réduction de l’accès à l’eau pour les espèces larges et peu manoeuvrables [lien vers le resumé].

10- Une revue bibliographique avec une méta-analyse sur les collisions entre chauves-souris et véhicules ainsi que l’effet barrière des routes sur les chauves-souris. Sur la base de données collectées en Europe, les espèces de bas-vol ainsi que les juvéniles sont plus vulnérables aux collisions. Les auteurs soulignent notamment l’importance de mieux comprendre l’impact des routes sur les chauves-souris pour minimiser leur impact [lien vers le resumé].

Références bibliographiques

1 Ibanez C, Popa-Lisseanu AG, Pastor-Bevia D, Garcia-Mudarra JL, Juste J (2016). Concealed by darkness: interactions between predatory bats and nocturnally migrating songbirds illuminated by DNA sequencing. Molecular Ecology, in press.

2 Kühnert E, Schönbächler C, Arlettaz R, Christe P (2016). Roost selection and switching in two forest-dwelling bats: implications for forest management. European Journal of Wildlife Research, 62, 497-500.

3 Zeale MRK, Bennitt E, Newson SE, Packman C, Browne WJ, Harris S, Jones G, Stone E (2016). Mitigating the impact of bats in historic churches: the response of Natterer’s bats Myotis nattereri to artificial roosts and deterrence. PLoS ONE, 11, e0146782.

4 O’Shea TJ, Cryan PM, Hayman DTS, Plowright RK, Streicker DG (2016). Multiple mortality events in bats: a global review. Mammal Review, 46, 175-190.

5 Kloepper LN, Linnenschmidt M, Blowers Z, Branstetter B, Ralston J, Simmons JA (2016). Estimating colony sizes of emerging bats using acoustic recordings. Royal Society Open Science, 3, 160022.

6 Kelm DH, Popa-Lisseanu AG, Dehnhard M, Ibáñez C (2016). Non-invasive monitoring of stress hormones in the bat Eptesicus isabellinus – Do fecal glucocorticoid metabolite concentrations correlate with survival? General and Comparative Endocrinology, 226, 27-35.

7 Haarsma A-J, Kaal R (2016). Predation of wood mice (Apodemus sylvaticus) on hibernating bats. Population Ecology, in press.

8 Gotze S, Koblitz JC, Denzinger A, Schnitzler HU (2016). No evidence for spectral jamming avoidance in echolocation behavior of foraging pipistrelle bats. Scientific Reports, 6, 30978.

9 Hall LK, Lambert CT, Larsen RT, Knight RN, McMillan BR (2016). Will climate change leave some desert bat species thirstier than others? Biological Conservation, 201, 284-292.

10 Fensome AG, Mathews F (2016). Roads and bats: a meta-analysis and review of the evidence on vehicle collisions and barrier effects. Mammal Review, 46, 311-323.

Migration des chauves-souris en Europe

mercredi, septembre 7th, 2016

La migration automnale des chauves-souris a démarré, un nombre record d’animaux a déjà été capturé en Lettonie, à vous de jouer pour les relectures de bague!

Des conditions météorologiques favorables ont encouragé des millions de chauves-souris à migrer depuis le Nord-est de L’Europe jusqu’aux zones où elles passent l’hiver.

Piège Heligoland à Pape (Lettonie). Photo: Jasja Dekker.

Piège Heligoland à Pape (Lettonie). Photo: Jasja Dekker.

Plus de 4000 chauves-souris ont déjà été baguées à la station ornithologique de Pape en Lettonie. Les chauves-souris sont capturées à l’aide d’un piège Heligoland (voir photo), qui est mis en oeuvre par une coopération entre le Leibniz institute for Zoo and Wildlife Research (IZW) de Berlin et la Latvian University de Riga. Selon le Prof. Dr. Gunars Petersons (Agricultural University Jelgava), plus de 3500 pipistrelles de Nathusius baguées (Pipistrellus nathusii) ont été relachées depuis le début de la migration le long de la côte baltique de la Lettonie le 19 Août 2016, ainsi que plusieurs pipistrelles pygmées (Pipistrellus pygmaeus), sérotines bicolores (Vespertilio murinus) et noctules communes (Nyctalus noctula). Les résultats de cette année représente un nouveau record pour la station de recherche de Pape, qui mène des recherches sur les chauves-souris depuis les années 1960. Sur place, des chercheurs de Lettonie, d’Allemagne et des Pays-Bas ont été impressionnés par le spectacle naturel unique des milliers de chauves-souris volant le long du couloir de migration côtier.

Par ailleurs en Saxe-Anhalt (Etat fédéral en Allemagne), les premières migrations ont été enregistrées. “Depuis plusieurs jours, les pipistrelles de Nathusius, les sérotines bicolores et les noctules de Leisler migrent de manière intensive”, observe Bernd Ohlendorf du centre de référence de l’état pour la conservation des chauves-souris. En coopération avec le groupe Chiroptères local (Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V.), environ 4000 pipistrelles de Nathusius, sérotines bicolores et noctules de Leisler (Nyctalus leislerii) ont été baguées dans la région depuis 2015.

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Recaptures de bagues pour les populations de Pipistrelles de Nathusius du Nord-est de l’Europe en relation avec la densité des éoliennes en Allemagne (Voigt et al. 2015).

Pour une conservation des chauves-souris effective, il est entre autres nécessaire d’identifier les routes de migration, les gîtes et les zones où elles passent l’hiver à l’aide de relectures de bagues, parce que « concernant la migration des chauves-souris, nous tâtonnons littéralement dans le noir » témoigne Christian Voigt, scientifique du IZW. » Seules quelques relectures de bague et des études acoustiques suggèrent l’étendue réelle des mouvements de la migration automnale. Le nombre et la gamme des routes de migration annuelle dépassent tout ce que l’on sait sur les mammifères. Même les troupeaux de gnous migrateurs dans le Serengeti ne se déplacent pas sur d’aussi longues distances », analyse Christian Voigt.

Cependant, la migration automnale recense déjà ses premières victimes d’éoliennes. Dans un parc d’éoliennes en Lituanie, 7 cadavres de pipistrelles de Nathusius ont ate découverts lors d’une simple visite sporadique. En Saxe-Anhalt, c’est meme une noctule baguée qui a été retrouvée. Selon l’IZW, les chauves-souris meurent par collisions directes avec les pales ou même à cause des énormes fluctuations de pressions causées par les pales en rotation (barotrauma).

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Noctule baguée retrouvée morte sous une éolienne en Saxe-Anhalt. Photo: Bernd Ohlendorf

Durant les prochains jours et prochaines semaines, nous vous invitons à contrôler vos nichoirs à chauves-souris, déployer vos filets de capture et et chercher des carcasses sous les éoliennes pour obtenir des relectures de bague !

Note:

  • Les bagues trouvées doivent être communiquées aux autorités compétentes et aux centres de baguage.
  • Les cadavres de chauves-souris doivent être transmis (sous couvert d’autorisations) aux autorités compétentes.
  • En fonction des pays, les captures au filet et les contrôles de nichoirs requièrent des permis concernant la protection des espèces.

Références:

  • Communiqué de presse du Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Reseach, 24 Août 2016, Berlin: Fledermäuse auf dem Durchflug: Der Herbstliche Fledermauszug beginnt.
  • Communiqué de presse de l’Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V., 22 Août 2016, Stolberg/Harz: Fledermauszug der Rauhautfledermaus Mitte August 2016 in Deutschland.
  • Gunars Petersons 2016, pers. com. le 28 Août 2016, Pape.
  • www.fledermauszug-deutschland.de (28 Août 2016)
  • Voigt, C.; Lehnert, L. S.; Petersons, G.; Adorf, F.; Bach, L. 2015: Wildlife and renewable energy: German politics cross migratory bats. European Journal of Wildlife Research, February 2015. DOI 10.1007/s10344-015-0903-y.

Marcus Fritze pour le Bundesverband für Fledermauskunde,
Traduit de l’anglais par Yann Gager

Version anglaise

Autumn bat migration season has started, record numbers captured in Latvia, time to get ring recaptures!

Favorable weather conditions have encouraged millions of bats to migrate from north-eastern Europe to their wintering areas in Germany, France, Italy, the Benelux and probably other countries.

More than 5,000 bats have already been ringed at the ornithological station in Pape / Latvia in August 2016. Bats were captured in a Heligoland trap (see picture), which is operated by a cooperation between the Leibniz institute for Zoo and Wildlife Research (IZW) in Berlin and the Latvian University in Riga. According to Prof. Dr. Gunars Petersons (Agricultural University Jelgava) more than 4,000 ringed Nathusius bats (Pipistrellus nathusii) were released since the beginning of the migration season at the Latvian Baltic coast on the 19th of August 2016, as well as several Soprano pipistrelles (Pipistrellus pygmaeus), Parti-coloured bats (Vespertilio murinus) and common noctules (Nyctalus noctula). The results of this year represent a new record for the research station in Pape, which carries out bat research since the 1960s. Attending bat researchers from Latvia, Germany and the Netherlands were amazed by the unique natural spectacle, as thousands of bats were flying along the coastal migration corridor

Also in Saxony-Anhalt (Federal state in Germany) first migration movements were registered. “For several days, the Nathusius bats, Parti-coloured bats and Leisler’s bats have been migrating with great intensity”, says Bernd Ohlendorf from the state’s reference Centre for Bat Conservation. Here, in cooperation with the local bat working group (Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V.), some 4,000 Nathusius bats, Parti-coloured bats and Leisler’s bats (Nyctalus leislerii) were ringed since spring 2015.

For effective conservation of bats, it is necessary, inter alia, to identify migration routes, roosting sites, resting and wintering areas by ring-recaptures, because « concerning bat migration, we are groping in the dark, » says Christian Voigt, scientist at the IZW. « Only a few recoveries and acoustic studies suggest the real extent of the autumnal migration movements. The number and the range of the annual trails surpass everything that is known about mammals. Even the migratory herds of wildebeest in the Serengeti do not move such long distances », says Christian Voigt.

Since the start of autumn migration, first fatalities at wind turbines have already be seen. In a wind farm in Lithuania 7 dead Nathusius bats were found in a single sporadic inspection. In Saxony-Anhalt a ringed noctule was found, dead beneath a wind turbine. According IZW, bats are dying by collisions and even due to the enormous pressure fluctuations caused by the rotating blades (barotrauma).

The coming days and weeks should therefore be used for bat box controls, mist net catching and carcass searches under wind turbines to get ring recaptures!

Note:
– Found rings should be reported to the designated authorities and ringing head offices.
– Bat carcasses should be transmitted (under licence) to the responsible conservation offices.
– Mist net catchings and bat box controls require permits concerning species protection.

References:
– News release Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Reseach, 24th August 2016, Berlin: Fledermäuse auf dem Durchflug: Der Herbstliche Fledermauszug beginnt.
– News release Arbeitskreis Fledermäuse Sachsen-Anhalt e.V., 22th August 2016, Stolberg/Harz: Fledermauszug der Rauhautfledermaus Mitte August 2016 in Deutschland.
– Gunars Petersons 2016, pers. com. At 28th August 2016, Pape.
www.fledermauszug-deutschland.de (28th August 2016)
– Voigt, C.; Lehnert, L. S.; Petersons, G.; Adorf, F.; Bach, L. 2015: Wildlife and renewable energy: German politics cross migratory bats. European Journal of Wildlife Research, February 2015. DOI 10.1007/s10344-015-0903-y.

Marcus Fritze, Bundesverband für Fledermauskunde e.V.,Pape, 28th August 2016

Une nouvelle population de Grandes Noctules en Aveyron

vendredi, juillet 22nd, 2016

Le feuilleton des Grandes Noctules se poursuit, avec la découverte le mois dernier d’une nouvelle colonie de Grandes noctules dans la vallée du Lot, dans le Nord Aveyron, au pied de l’Aubrac.

La colonie a été découverte sans captures mais grâce à une méthode éprouvée, dite « méthode EXEN » de poursuite acoustique et visuelle de début et surtout de fin de nuit. Cette méthode non invasive avait été développée en 2012 pour la découverte de nos premiers gites de mise-bas de la Grande noctule en Auvergne (Beucher & Bernard, 2016). J’avais eu quelques contacts acoustiques de début de nuit (22h05) le 19 juin dernier au cours d’un comptage de colonie de Grand murins. Nous nous sommes ainsi relayés pendant environ 15 jours au sein de l’équipe EXEN et de Chauves-Souris Aveyron en fonction de la disponibilité des uns et des autres, avant d’aller au travail. Finalement, nous avons localisé un premier arbre-gite mercredi 06 juillet vers 6h15, à plus de 4.5 km du contact acoustique du 19 juin. Il s’agit d’une chênaie claire située sur des coteaux pentus du sud de la vallée du Lot.

La cavité, située dans un chêne à à peine 5m de hauteur, inspectée en journée et filmée en sortie de gite était occupée par 17 individus. Aucun jeune de l’année n’a pu être identifié (ni accroché à la mère ni volant). Evidemment, sans capture, nous ne pouvons présager du sexe des individus, et les images filmées avec le Sony α7S et ralenties en sortie de gite ne permettent pas de s’en rendre compte (uniquement des vues de dos des bêtes). Mais simplement la longueur des poils et les rendus en infrarouges permettent de penser qu’il s’agit bien d’adultes. L’expérience de 5 années de suivi de la population auvergnate où mâles et femelles cohabitent, nous invite à rester prudents et éviter toute supposition sur la base de la taille du groupe.

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Il est aussi évidemment trop tôt pour estimer la taille de la population locale, mais nous avons pu assister à un balai impressionnant de plusieurs dizaines de grandes noctules, évoluant avec martinets, hirondelles et faucon hobereau, et exploitant des nuées d’insectes au crépuscule ou au petit jour, en pleine ville, au-dessus du Lot. Cette nouvelle population est clairement distincte de celles connues jusqu’alors, mais étrangement située à mi-distance entre celle des femelles suivies par Marie-Jo Dubourg-Savage et l’équipe du Groupe Chiroptères Midi-Pyrénées sur le plateau du Lévezou (à plus de 22 km au sud) et à 22 km de celle des mâles et femelles non reproductrices qui avait été localisée par l’Alepe en 2007 (Sané, Vespère 2008) dans l’ouest Lozèrien. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les éventuels liens entre ces populations. Par ailleurs, la grande noctule a été contactée acoustiquement sur de multiples sites dans le Nord Aveyron (Cf. article sur le Chiroblog ‘La Grande Noctule en Aveyron‘), ce qui laisse penser que d’autres découvertes de colonies sont à venir. Cette nouvelle donnée ouvre un nouveau champ d’investigations pour avancer dans la connaissance de l’espèce localement bien sûr, mais aussi en parallèle des autres populations suivies dans le Massif Central et au-delà. Ça promet de belles campagnes de suivis à venir, de façon fine et sur le long terme, avec une aventure qui recommence.Un grand merci à ceux qui ont contribués, en équipe, à cette découverte : Frédéric Albespy, Frédéric Berougeon, Marie Beucher, Nicolas Cayssiols, Jeremy Dechartre, Chloé Guiraud, Aurélie Langlois, Mathieu Louis, Justine Mougnot, Laurie Nazon, Pierre Petitjean, Arnaud Rhodde et Chloé Tanton.

Yannick Beucher pour le bureau d’études EXEN et le groupe Chauves-souris Aveyron

Références bibliographiques

Beucher & Bernard (2016). La Grande noctule (Nyctalus lasiopterus) dans le Puy de Dôme : découverte d’une colonie de mise-bas et suivi d’activité par une méthode sans capture. Symbioses, 34, 9-13.

Sané (2008). La Grande Noctule Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) en Lozère: Résultats d’une semaine de suivi radio-télémétrique. Le Vespère, 1, 21-35 [Télécharger l’article].

Petite rétrospective de l’année 2015

mardi, février 16th, 2016

En 2015, nous vous avons proposé une sélection de cinq articles sur des sujets aussi variés que:
l’origine européenne de la maladie du nez blanc
l’impact de cette maladie sur l’abondance et la diversité des espèces en Amérique du Nord
la prise en compte des chauves-souris dans l’agriculture,
la taxonomie de la Pipistrelle de Kuhl
sans oublier une sélection d’articles scientifiques.

Un grand merci à tous les auteurs – Sébastien Puechmaille, Chloé Lepetz, Audrey Tapiero, Jean-François Julien et Tommy Andriollo – pour leur contribution!

Nous vous rappelons que le Chiroblog est une plate-forme participative, un simple e-mail à l’adresse mail.chiroblog@gmail.com et l’équipe vous donnera accès aux coulisses du blog pour la rédaction de vos articles !

Merci de votre intérêt pour les chiroptères et à très bientôt sur le Chiroblog.

Pour l’équipe du Chiroblog,
Meriadeg, Yann et Sébastien

Ivermectine et chiroptères : quels risques ?

lundi, février 17th, 2014

L’ivermectine est une molécule antiparasitaire utilisée en médecine vétérinaire dans la prévention et le traitement de maladies liées à des parasites internes et externes chez les bovins, les ovins, les chevaux et les porcs. Elle est également utilisée ponctuellement chez les animaux de zoos ou les chèvres, lorsqu’aucun traitement adapté n’est autorisé pour ces espèces.

Mise sur le marché pour la première fois en France en 1981, cette molécule a rapidement trouvé un accueil favorable chez les éleveurs de bovins à viande (elle est interdite chez les femelles dont le lait est destiné à la consommation humaine) et les propriétaires de chevaux : elle permet avec un seul produit de traiter de nombreux parasites internes et externes, et ceci d’une façon simple : par voie orale chez les chevaux et les moutons, par injection chez les bovins, les ovins ou les porcs, ou par passage transcutané en appliquant le traitement sur la ligne du dos chez les vaches. Enfin, elle a une action longue, qui permet de ne pas manipuler les animaux trop souvent.

L’ivermectine présente l’inconvénient d’un point de vue écologique de se retrouver sous forme inchangée (donc active) dans les bouses ou les crottins des animaux traités. Cette excrétion peut durer un mois après le traitement, et une fois présente dans les bouses, l’ivermectine n’y est dégradée (principalement par les UV) qu’au bout de 6 jours. Pendant toute cette période, la molécule est donc toxique pour certains insectes.

Des études de laboratoire et de terrain ont montré que chez les Diptères, les larves sont très sensibles (mortalité observée jusqu’à 60 jours après traitement pour quelques espèces) et présentent des retards de développement. Certaines espèces présentent également une toxicité à l’âge adulte, principalement chez les jeunes ayant un fort besoin énergétique, et des anomalies de comportement reproducteur sont observées (retard de pontes…). Chez les Coléoptères, le même schéma se reproduit, avec une sensibilité moindre des adultes (Lumaret et al, 2012).

Enfin, la toxicité de l’ivermectine est également prouvée chez d’autres groupes tels que les tortues ou certains chiroptères. Dans les cas de toxicité aigüe (contact ponctuel avec le produit directement), des symptômes nerveux tels que paralysie et chutes ont pu être observés chez des chauves-souris frugivores traitées avec une goutte de médicament déposée sur la peau (DeMarco et al, 2002).

Dans le cas des Chiroptères, deux menaces sont donc à prendre en considération : la toxicité directe de la molécule, notamment par l’intermédiaire de l’ingestion d’insectes contaminés, et l’impact indirect lié à la baisse de la ressource alimentaire.

Aucune des deux n’a été réellement investiguée par des études scientifiques. Toutefois, un point laisse espérer un impact modéré. Des études ont été menées en Afrique du Sud (Krüger et Scholtz, 1998) et au Mexique (Basto-Estrella et al, 2013), qui montrent qu’il existe dans certaines conditions climatiques un impact réel de l’ivermectine à l’échelle de la structure des populations d’insectes d’une pâture recevant des animaux traités, mais que cet impact n’est plus observable un an après le traitement : chaque espèce d’insecte s’y retrouve en même quantité et en mêmes proportions qu’un an auparavant. L’impact de la molécule à long terme est donc faible.

Une autre étude a été menée pour évaluer l’impact de la baisse de ressource alimentaire liée à l’utilisation de la doramectine (molécule cousine de l’ivermectine) chez la Chevêche des Terriers, rapace nocturne insectivore américain (Floate et al, 2008). En comparant l’alimentation de l’espèce grâce aux pelotes de réjection et la toxicité pour les différentes espèces d’insectes grâce à des prélèvements de bouses, ils ont pu évaluer quelle part de son régime alimentaire pouvait être impactée par la toxicité de la doramectine. Ce type d’étude serait donc particulièrement intéressant à mettre en place dans le cas des Chiroptères.

Jade pour le Chiroblog

N.B. Jade a réalisé sa thèse de vétérinaire, le document est disponible au téléchargement.

Formule chimique de la molécule d »ivermectine (source Wikipédia)


Références bibliographiques:

DeMarco J.H., Heard D.J., Fleming G.J., Lock B.A., Scase T.J., (2002), Ivermectin Toxicosis after Topical Administration in Dog-Faced Fruit Bats (Cynopterus brachyotis). J. Zoo Wildlife Med. 33, 147-150.

Krüger K., Scholtz C.H., (1998b), Changes in the structure of dung insect communities after ivermectin usage in a grassland ecosystem. II. Impact of ivermectin under high-rainfall conditions. Acta Oecol. 19, 439-451.

Basto‐Estrella G.S., Rodríguez‐Vivas R.I., Delfín‐González H., Reyes‐Novelo E., (2013), Dung beetle (Coleoptera: Scarabaeinae) diversity and seasonality in response to use of macrocyclic lactones at cattle ranches in the mexican neotropics. Insect Conserv. Diver.

Floate K.D., Bouchard P., Holroyd G., Poulin R., Wellicome T.I., (2008), Does doramectin use on cattle indirectly affect the endangered burrowing owl. Rangeland Ecol. Manag. 61, 543-553.

Lumaret J.P., Errouissi F., Floate K., Römbke J., Wardhaugh K., (2012), A Review on the Toxicity and Non-Target Effects of Macrocyclic Lactones in Terrestrial and Aquatic Environments. Curr. Pharm. Biotechno. 13, 1004-1060.

Sélection d’articles en Février

mercredi, février 5th, 2014

Une nouvelle sélection d’articles scientifiques pour ce mois de Février :

– Une étude sur la transmission du virus de la rage en Amérique latine. A l’aide de simulations informatiques, les auteurs montrent que la dispersion du virus entre colonies, associé à des immunisations non-léthales, expliquent la maintenance du virus à des niveaux comparables à ceux observés dans la nature. Ces résultats expliquent la difficulté à se débarasser du virus par la destruction d’animaux, à moins d’une coordination géographique des efforts de contrôle [Téléchargez le PDF].

– Un article sur les permis de dérogation relatifs aux chauves-souris en Angleterre. Malgré la protection des chauves-souris, la majorité des gîtes ayant fait l’objet d’une licence ont conduit à la destruction des animaux. Les auteurs prônent un renforcement des mesures liées aux permis de dérogation, d’établir des suivis à posteriori et de s’assurer que les travaux sont en accord avec les obligations légales [lien vers le résumé].

Références bibliographiques
Blackwood, J. C., Streicker, D. G., Altizer, S., & Rohani, P. (2013). Resolving the roles of immunity, pathogenesis, and immigration for rabies persistence in vampire bats. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 1308817110–. doi:10.1073/pnas.1308817110

Stone, E. L., Jones, G., & Harris, S. (2013). Mitigating the Effect of Development on Bats in England with Derogation Licensing. Conservation biology : the journal of the Society for Conservation Biology. doi:10.1111/cobi.12154

Rétrospective 2013

jeudi, janvier 9th, 2014

2013 aura été une année faste pour le Chiroblog, avec 18 articles et 11 contributeurs. Tout d’abord, l’équipe du Chiroblog vous a déniché quelques publications scientifiques en Janvier, Avril et Octobre, agrémenté de nouvelles diverses et variées en Juillet et Octobre. La série sur les convergences évolutives a fait l’objet de trois nouveaux épisodes : « les Myotis ! », « la nectarivorie », « jusque dans les molécules ». Une brève synthèse sur les cris sociaux et leurre acoustique et un article sur le comportement mère/jeune pour les territoires de chasse ont été présentés.

La plate-forme naturaliste pour les chauves-souris d’Afrique, Afribats, a fait l’objet d’une courte présentation. Plusieurs projets de recherche français ont par ailleurs été mis à l’honneur. Dans un contexte africain, Antony a présenté ses découvertes paléontologiques en Tunisie et un article sur l’origine et la radiation des Chiroptères, Nicolas à quant à lui présenté ses résultats sur la systématique de chauves-souris frugivores d’Afrique. Dans un contexte européen, Alexandre a présenté son référentiel d’activité acoustique des chauves-souris méditeranéenne et le projet de recherche sur la longévité, basés sur les Grands Murins en Bretagne a été présenté. A l’échelle française, Jihane nous a présenté l’opération Refuge pour les chauves-souris menée par la SFEPM.

Merci à tous les contributeurs et aux lecteurs pour leur intérêt !
L’appel à participation rédigé en Octobre 2013 reste valable en 2014 ! A vos claviers !

Yann pour le Chiroblog

Opération refuges pour les chauves-souris

lundi, décembre 16th, 2013

En France, un grand nombre de chauves-souris accomplit tout ou partie de son cycle de vie dans les éléments bâtis. Les combles, quelque soit leur volume, mais aussi les caves ou les interstices des murs sont des endroits privilégiés par les chauves-souris pour mettre bas, hiberner ou simplement séjourner pendant une ou plusieurs journées. Les jardins, petits ou grands peuvent également héberger des chauves-souris et constituent des terrains de chasse privilégiés, notamment dans les zones gagnées par l’urbanisation.

Il est possible, en adoptant quelques mesures simples, de favoriser l’installation des chiroptères chez soi, ou de favoriser les individus qui peuvent avoir déjà élu domicile dans une habitation. L’Opération Refuges a pour but de promouvoir ces initiatives, de délivrer des conseils techniques adaptés à la biologie des chauves-souris et de saluer les bonnes volontés qui souhaitent s’engager dans cette voie. Elle se présente comme un système de conventionnement, qui associe la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères et un propriétaire : particulier, collectivité ou entreprise. Elle est soutenue dans chaque région par une structure locale de protection des chauves-souris qui peut apporter ses conseils et son savoir faire dans le domaine, et assurer si besoin le suivi des populations de chiroptères présentes sur le site.

Cette convention engage le propriétaire sur des points simples et peu contraignants, qui peuvent se révéler extrêmement bénéfiques pour les chauves-souris. Des propositions pour aller plus loin dans la protection de ces petits mammifères sont également formulées. Ainsi, si le propriétaire s’engage à limiter les dérangements aux animaux présents et à ne pas boucher les accès qui peuvent mener à sa cave ou son grenier, il lui est également possible d’installer des gîtes artificiels, ou d’adopter des pratiques d’entretien et de jardinage qui favoriseront les chauves-souris dans toute sa propriété. En cas de travaux, les experts régionaux seront là pour le conseiller et limiter les impacts sur les animaux.

Une fois la convention signée, le propriétaire se voit attribuer le label « Refuge pour les chauves-souris » et dispose des différents outils de communication pour mener au mieux cet engagement en faveur de la biodiversité : plaquette, guide technique, autocollant longue durée, et panneau à fixer (moyennant une participation symbolique). Il est ainsi possible d’afficher fièrement son engagement pour les chauves-souris et d’assurer à travers cette opération la promotion de la nature dans tout un quartier. Dans les zones urbaines ou les habitations modernes, ces Refuges seront d’une grande importance pour la conservation de ces animaux. A terme, les différents Refuges ainsi créés pourraient constituer un maillage dense de gîtes et de jardins favorables aux chauves-souris, et contribuer à l’amélioration de l’état des populations de certaines espèces rares.

Devenir Refuge pour les chauves-souris est une démarche simple, qui vous permet de bénéficier de conseils réguliers de la part de spécialistes régionaux et d’intégrer un réseau efficace et dynamique de protection des chauves-souris. Pour ce faire, il suffit de prendre contact avec la SFEPM ou la structure qui relaie l’opération dans votre région et signifier votre désir de constituer un refuge sur votre propriété. L’opération débutée en 2011 compte déjà 207 refuges, dont une centaine en Bretagne.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet de l’opération Refuges pour les Chauves-souris.

Jihane pour le Chiroblog