Archive for the ‘Echolocation’ Category

Description d’une nouvelle espèce de Minioptère dans l’ouest Paléarctique

lundi, mai 5th, 2014
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La dernière décennie a vu bon nombre de nouvelles espèces de Chiroptères décrites, y compris dans l’ouest du Paléarctique. Parmi ces espèces nouvellement décrites, une large majorité constitue ce que l’on appelle des espèces cryptiques, c’est-a-dire des espèces qui sont morphologiquement très proches d’une ou plusieurs autres espèces. Ces fortes similarités morphologiques sont les raisons pour lesquelles ces espèces ont échappées (au sens figuré du terme) aux taxonomistes traditionnels utilisant très souvent uniquement des caractères morphologiques pour identifier et différencier les espèces.

Dans l’étude tout juste publiée dans la Revue internationale Zootaxa, nous avons utilisé une approche intégrative combinant des analyses cranio-dentaires, des marqueurs moléculaires mitochondriaux et nucléaires ainsi que des données acoustiques pour démontrer la présence dans le genre Miniopterus d’une espèce cryptique en provenance du Maghreb. Cette espèce était auparavant reconnue en tant que Miniopterus schreibersii (Kuhl, 1817). Miniopterus maghrebensis sp. nov. est différencié de M. schreibersii sensu stricto sur la base de caractères crâniaux ainsi que des marqueurs moléculaires mitochondriaux et des microsatellites. Bien que de petites différences morphologiques externes et acoustiques aient été notées entre les deux espèces, ces critères à eux seuls ne permettent pas d’identifier de manière fiable les animaux sur le terrain. Sur la base d’identifications morphologiques et/ou génétiques de spécimens, M. maghrebensis sp. nov. s’étends du nord du Maroc jusqu’au sud des montagnes du Haut Atlas et au nord de la Tunisie. Cette nouvelle espèce cryptique est trouvée en sympatrie avec M. schreibersii s.str. près des régions côtières d’Afrique du Nord.

Le PDF de l’article entier avec entre autres des photos d’individus de la nouvelle espèce et des données acoustiques est disponible gratuitement en cliquant sur le lien suivant : http://www.mapress.com/zootaxa/2014/f/zt03794p124.pdf

Sébastien & Benjamin (au nom de tous les coauteurs).

Référence bibliographique
Puechmaille SJ, Allegrini B, Benda P, Gürün K, Šrámek J, Ibañez C, Juste J, Bilgin R (2014) A new species of the Miniopterus schreibersii species complex (Chiroptera: Miniopteridae) from the Maghreb Region, North Africa. Zootaxa, 3794, 108-124.

 

Zoom sur le Groupe Chiroptères de Guyane

dimanche, mars 23rd, 2014
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Le Groupe Chiroptère de Guyane (GCG) a été créée en 2008 par les quelques passionnés de chauves-souris vivant sur le territoire guyanais.

Bénéficiant des travaux remarquables réalisés dans les stations scientifiques au cœur de la forêt tropicale (Station des Nouragues et de Paracou) par d’illustres chercheurs comme André Brosset, Pierre Charles-Dominique, Nancy Simmons ou Robert Voss, le GCG poursuit des objectifs modestes mais oh combien importants : l’étude des peuplements, l’élaboration d’une clé de détermination moderne des chiroptères de Guyane, leur détermination bioacoustique (en partenariat avec la SFEPM, l’ONF et Biotope), le suivi épidémiologique de la rage (en partenariat avec l’Institut Pasteur de Guyane) et des études génétiques par criblages moléculaires et barcoding (en partenariat avec l’Institut Pasteur de Guyane).

L’étude bioacoustique des chiroptères de Guyane est une des activitée principale de l’association. Cette action est primordiale pour compléter les connaissances des chiroptères de Guyane, car si les espèces de sous-bois de la forêt tropicale sont faciles à capturer et aujourd’hui relativement bien identifiées (essentiellement des Phyllostomidés), il existe tout un cortège qui utilise l’espace aérien au dessus de la canopée (Molossidés, Emballonuridés, Vespertillionidés) pour lesquels les données de présence restent fragmentaires.

Ainsi ce programme poursuit 3 objectifs :

– la caractérisation acoustique de l’ensemble des espèces de chiroptères, en particulier de haut vol,

– la caractérisation de l’abondance relative des espèces de haut vol,

– la formation des membres du GCG à cette technique.

Ce travail sur l’acoustique a permis de découvrir une nouvelle espèce de Pteronotus (Mormoopidés) qui est en cours de description. De plus, grâce à cette technique une nouvelle espèce (Lasiurus ega) présente dans les pays limitrophes (Suriname, Brésil) mais encore jamais observée en Guyane à pu être rajoutée à la liste des espèces présentes en Guyane. Ce qui fait 103 espèces en Guyane. D’autres espèces restent sans doute encore à découvrir.

Pteronotus sp. – Individu capturé sur le camp Atanaze sur le fleuve Approuague (c) Marguerite Delaval

L’épidémio-surveillance de la rage chez les chauves-souris constitue la deuxième activitée prenante de l’association. Le GCG travaille avec l’Institut Pasteur de Guyane pour l’étude de la rage Desmodine. La Guyane présente une situation épidémiologique particulière avec la transmission de la rage des chauves-souris hématophages (Desmodus rotundus ou vampire commun et Diaemus youngii vampire spécialisé sur les oiseaux) aux animaux domestiques et potentiellement à l’homme (un mort en 2008). Le GCG intervient pour capturer les vampires autour des élevages, ces vampires subissent un prélèvement de sang et de salive pour une recherche du virus de la rage. De plus, plusieurs colonies sont suivies plusieurs fois dans l’année où les individus sont marqués individuellement par des Pit tag.

Desmodus rotundus – Individu capturé sur la Grande Montagne Tortue – piste de Bélizon (c) Marguerite Delaval

Voilà donc en quelques lignes, quelques actions du GCG. Si des informations sur le GCG vous intéressent, les membres sont joignables et fédérés autour d’une liste de discussion (chiroguyane@yahoogroupes.fr) très dynamique. N’hésitez pas à nous rejoindre !

Marguerite et Vincent pour le GCC

Un référentiel d’activité acoustique des chauves-souris méditerranéenne – zoom sur les travaux de diplôme d’EPHE d’Alexandre Haquart

lundi, novembre 25th, 2013
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Ce travail a été mené dans le cadre d’un Diplôme à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Son but est de fournir des indices et des chiffres de référence pour les évaluations et les suivis environnementaux. Un protocole pour l’évaluation de l’activité acoustique des Chiroptères relevée au cours de nuits complètes d’enregistrement est proposé. Ce référentiel s’appuie sur une base de données de près d’un million de fichiers d’enregistrements qui ont été collectés entre 2007 et 2011 sur près de 2000 points en France par les experts du bureau d’étude Biotope au moyen d’enregistreurs automatiques d’ultrasons de type Anabat et SM2BAT.

La détectabilité acoustique des chauves-souris est variable en fonction de leurs fréquences d’émissions et des conditions météo (température, humidité) mais également en fonction de facteurs méthodologiques tels que la qualité du matériel et le gain. En parallèle, la fiabilité d’identification des séquences acoustiques au niveau spécifique est grandement variable en fonction notamment des espèces, de la qualité des enregistrements, de la longueur et de la nature des séquences. La variabilité des résultats induite par ces biais est d’autant plus forte que l’unité de mesure est fine et précise, c’est pourquoi des unités de mesures stables face aux facteurs « abiotiques » sont recherchées. Deux indices sont proposés : le pourcentage des points où l’espèce est présente et le nombre de minute d’activité par nuit lorsque l’espèce est présente.

Les résultats d’activités sont présentés pour 30 espèces et groupes d’espèces de chiroptères en zone méditerranéenne. Les espèces qui se contactent le plus sont la Pipistrelle de Kuhl, la Pipistrelle commune et la Pipistrelle pygmée, elles se rencontrent sur environs 80% des points d’enregistrements, avec une moyenne de 50 à 60 minutes d’activité par nuit. La majorité des autres espèces sont contactées sur moins de 40% des points avec moins de 10 minutes d’activité par nuit lorsqu’elles sont présentes.

Une méthode est proposée pour tenter un parallèle entre l’activité des espèces et leurs effectifs de populations. Les résultats d’activité sont pondérés avec la distance de détectabilité des espèces (liée aux ultrasons) et les rayons d’actions connus des individus autour des colonies (liée à la biologie des espèces). D’après cette méthode, le nombre de chauves-souris en zone méditerranéenne serait proche de 10 millions d’individus (dont plus de 8 millions de Pipistrelles). La prise en compte de la détectabilité change l’ordre d’abondance observé entre les espèces. Une espèce très détectable comme le Molosse de Cestoni, se contacte fréquemment sur le terrain mais aurait les effectifs de population les plus faibles de la zone méditerranéenne. Les Rhinolophes, espèces très peu détectables, sont moins rares que les enregistrements ne le laissent paraitre.

Pour finir, une modélisation de l’effort d’échantillonnage est également réalisée afin d’évaluer l’effort nécessaire pour réaliser des inventaires complets. Il en ressort qu’une quinzaine de nuits d’enregistrements semblent fournir des inventaires satisfaisants.

Le document est téléchargeable sur http://www.le-vespere.org/Vesper_ressources.html

Alexandre pour le Chiroblog

Vigie-Chiro : le site web mis à jour

lundi, juillet 8th, 2013
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Vigie-Chiro est un programme de sciences citoyennes mis en place par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.
Grâce aux ultrasons enregistrés par des observateurs dans toute la France, ce programme permet de suivre les populations de chauves-souris de France.

Le site web du projet vient d’être mis à jour, de nombreux documents sont disponibles, notamment dans la rubrique Aides et Guides. A noter des documents sur les logiciels (Syrinx, Audacity, Batsound, LupasRename, Scan’R), des fiches espèces et des documents d’identification acoustique.

Yann pour le Chiroblog

Origine et radiation des Chiroptères – zoom sur les travaux de thèse d’Anthony Ravel

vendredi, juillet 5th, 2013
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Parmi les mammifères placentaires, les chiroptères sont les seuls dotés à la fois du vol battu et de l’écholocation. Ces deux adaptations-clés semblent avoir largement contribué au succès évolutif du groupe qui représente aujourd’hui près de 20% de la diversité mammalienne (seconde position après les rongeurs). De plus, les chiroptères constituent un groupe très cosmopolite dont l’aire de répartition s’étend à l’ensemble du globe, excepté les régions aux latitudes les plus extrêmes. Le registre fossile attribué aux chiroptères a permis d’identifier une radiation initiale qualifiée d’ « explosive ». En effet, les plus anciens fossiles révèlent un ensemble de familles éteintes apparaissant sur presque tous les continents (excepté l’Antarctique) dès le début de l’Éocène (soit environ -54Ma). Ces chauves-souris très anciennes représentent pour la plupart des formes primitives qui se différencient des chauves-souris modernes par certains aspects (morphologie dentaire, articulation du coude et de l’épaule, etc.…). Pourtant, de manière quasi-synchrone, plusieurs représentants appartenant aux principaux groupes de chiroptères actuels (Rhinolophoidea et Vespertilionoidea) sont connus en Tunisie. De ce fait, l’Afrique du Nord semble avoir été une zone géographique aux lourdes implications dans l’origine et la dispersion des formes modernes. Cependant la rareté du matériel fossile pour les chiroptères paléogènes soulève de nombreuses questions sur les modalités évolutives de la radiation et de la dispersion des premières formes modernes.

Mon sujet de thèse s’est focalisé sur l’étude de nouveaux fossiles de chiroptères provenant de localités éocènes situées en Afrique du Nord et en Asie du Sud. Une analyse systématique a permis l’identification de 18 nouvelles espèces fossiles réparties dans 7 familles modernes (Rhinolophidae, Rhinopomatidae, Hipposideridae, Necromantidae, Emballonuridae, Nycteridae, Philisidae et Vespertilionidae). Une approche phylogénétique du matériel a mis en évidence deux axes majeurs de dispersions qui ont pris place il y a environ 40 Ma : une phase Est-Ouest depuis l’Asie de l’Est jusqu’en Europe (impliquant uniquement les Rhinolophidae) et une phase Nord-Sud depuis l’Afrique du nord vers l’Europe (impliquant Hipposideridae et Emballonuridae). L’étude de la morphologie dentaire de chacune des espèces étudiées, de leur taille estimée et de la taphonomie (études du processus de fossilisation) des sites fossilifères a permis de mieux cerner le contexte paléo-écologique de ces chiroptères paléogènes. Dans des conditions paléo-climatiques tropicales ou subtropicales favorables à la prolifération d’insectes, les microchiroptères, pour la plupart insectivores, avaient à disposition une ressource abondante. Mais une telle richesse spécifique, parfois très localisée comme à Chambi, devait également entrainer une forte compétition interspécifique qui a probablement été un facteur déterminant dans les événements de radiation et de dispersion.

Depuis la fin de ma thèse, j’élargis ma thématique sur un aspect plus paléo-écologique. J’élabore ainsi un projet qui a trait directement aux problématiques liées à l’écholocation. Cette capacité a-t-elle été acquise une seule fois chez les chiroptères puis perdue plus tard chez les mégachiroptères ou a-t-elle été acquise au moins deux fois de manière convergente ? L’écholocation est-elle apparue avant le vol battu ou après ? Est-ce que le vol et l’écholocation ont évolué de manière parallèle ? Grâce aux nouvelles techniques d’imagerie 3D, il est maintenant possible d’étudier en détail le système auditif des chiroptères fossiles ce qui apportera de précieuses informations sur l’origine et l’évolution de l’écholocation au sein des chiroptères.

Anthony pour le Chiroblog

Site de fouille dans les Gour Lazib (Algérie)

Dans le Quercy (France) on trouve également des fossiles de chiroptères dans les phosphatières.

Etudes des fossiles de chiroptères provenant de Chine au Carnegi Museum of Natural History de Pittsburgh (USA).

Cris sociaux et leurre acoustique

jeudi, juillet 4th, 2013
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De manière générale, les cris sociaux des chauves-souris et leurs fonctions restent très peu connus.
La synthèse la plus complète qui existe à ce jour pour les espèces européennes est la publication de Pfalzer & Kusch (2003).
Quatre catégories de cris sociaux – présentant des structures sonores communes mais identifiables au niveau spécifique – y sont décrites.

Le Type A serait utilisé dans un contexte de lutte ou de conflits entre individus, par exemple pour l’utilisation de territoires de chasse.

Le type B est le cri de détresse (distress call) qui attire les individus conspécifiques, pour se grouper et dissuader les prédateurs.

Le type C est utilisé pour la communication entre individus de manière générale, pour les femelles et leurs jeunes mais aussi des individus volant en tandem.

Le type D est probablement utilisé dans un contexte reproductif mais peut-être aussi pour repousser des individus étrangers d’un territoire de chasse.

A l’image de la repasse chez les oiseaux, les cris sociaux des chauves-souris peuvent être enregistrés et réémis à l’aide d’un leurre acoustique. La prudence est de mise sur ces études car les impacts sur les chiroptères sont très peu connus mais potentiellement importants. Tous les cris sociaux n’ont pas un but d’attraction des autres individus, le type A et D étant certainement utilisés pour repousser des individus. Le taux de capture avec le leurre acoustique peut-être augmenté mais ceci peut constituter le résultat d’une aggression sur le leurre acoustique perçu comme un compétiteur. Le leurre acoustique pourrait jouer un rôle répulsif et perturber les populations locales.

Pour l’instant, cette méthode a surtout été utilisée pour capturer des espèces difficilement capturables comme le Murin de Bechstein (Hill et Greenaway au Royaume-Uni et Goiti et al. en Espagne). Hill et Greenaway, dans un papier de 2005, concluent sur les potentialités de cette méthode mais soulignent l’importance de l’utiliser avec prudence. Les deux auteurs recommandent des temps de playback courts et d’éviter la répétition de playbacks au même endroit.

Yann pour le Chiroblog

Références bibliographiques

Goiti, U., Aihartza, J., Garin, I., & Salsamendi, E. (2008). Surveying for the rare Bechstein’s bat (Myotis bechsteinii) in northern Iberian peninsula by means of an acoustic lure. Hystrix-the Italian Journal of Mammalogy, 18(2), 215–223.

Hill, D. A., & Greenaway, F. R. A. N. K. (2005). Effectiveness of an acoustic lure for surveying bats in British woodlands. Mammal Review, 35(1), 116–122.

Pfalzer, G., & Kusch, J. (2003). Structure and variability of bat social calls: implications for specificity and individual recognition. Journal of Zoology, 261(1), 21–33. doi:10.1017/S0952836903003935

Convergences évolutives (4) : jusque dans les molécules !

samedi, avril 27th, 2013
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Un quatrième épisode vient s’ajouter à cette série dédiée aux convergences évolutives. Dans les épisodes précédents, nous avons vu que les convergences sont des acquisitions parallèles de structures similaires dans des lignées évolutives différentes mais soumises à des conditions environnementales équivalentes. Nous avons vu des exemples de convergences écomorphologiques (écologie + morphologie) comme chez les chauves-souris pêcheuses, les Myotis et chez les chauves-souris nectarivores de la famille des Phyllostomidae. Plus impressionnant encore, les convergences peuvent exister au niveau moléculaire ! C’est ce qu’ont découvert des chercheurs américains et chinois chez les Cétacés (plus précisément chez les baleines à dents ou Odontocètes) et les Microchiroptères*, qui utilisent les ultrasons par le mécanisme d’écholocation (= biosonar) pour se diriger et chasser. Le gène codant pour la prestine, protéine utilisée pour l’audition et l’amplification des sons, montre chez ces animaux un mécanisme moléculaire très similaire (Li et al. 2008 & 2010, Jones 2010, Liu et al. 2010).

Ainsi, les exemples de convergences se multiplient dans la littérature et la poursuite des travaux dans ce domaine promet encore de nombreuses découvertes tout aussi intéressantes sur l’évolution de la vie.

Yann pour le Chiroblog

Microchiroptères* : Deux sous-ordres étaient classiquement admis : les Microchiroptères (de petite taille relative et capables d’écholocation) et les Mégachiroptères (de grande taille relative ; Dobson 1875). Récemment, l’ordre a été redécoupé en deux nouveaux sous-ordres pour rompre la paraphylie des Microchiroptères : les Yinpterochiroptera et les Yangochiroptera (Teeling et al. 2002 ; Teeling et al. 2005).

Références bibliographiques :

Jones, G. (2010). Molecular evolution: gene convergence in echolocating mammals. Current biology : CB, 20(2), R62–4. doi:10.1016/j.cub.2009.11.059

Li, G., Wang, J., Rossiter, S. J., Jones, G., Cotton, J. A., & Zhang, S. (2008). The hearing gene Prestin reunites echolocating bats. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 105(37), 13959–64. doi:10.1073/pnas.0802097105

Li, Y., Liu, Z., Shi, P., & Zhang, J. (2010). The hearing gene Prestin unites echolocating bats and whales. Current biology : CB, 20(2), R55–6. doi:10.1016/j.cub.2009.11.042

Liu, Y., Cotton, J. A., Shen, B., Han, X., Rossiter, S. J., & Zhang, S. (2010). Convergent sequence evolution between echolocating bats and dolphins. Current biology : CB, 20(2), R53–4. doi:10.1016/j.cub.2009.11.058

Teeling, E. C., O. Madsen, R. A. Van den Bussche, W. W. de Jong, M. J. Stanhope et M. S. Springer. 2002. Microbat paraphyly and the convergent evolution of a key innovation in Old World rhinolophoid microbats. Proceedings of the National Academy of Sciences, USA 99: 1431-1436.

Teeling, E. C., M. S. Springer, O. Madsen, P. Bates, J. O’Brien S et W. J. Murphy. 2005. A molecular phylogeny for bats illuminates biogeography and the fossil record. Science 307: 580-584.

Actualités en Avril 2013

lundi, avril 15th, 2013
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Une nouvelle sélection d’articles scientifiques pour ce mois d’Avril 2013 :

– Un article sur le potentiel des toits végétalisés comme habitats pour les chauves-souris.
Sur la base de suivis acoustiques réalisés au coeur de Londres, les toits végétalisés apparaissent
plus favorables pour les chauves-souris comparés à des toits conventionnels [Télécharger le PDF].

– Un article sur la variabilité saisonnière de l’activité des chauves-souris à différentes hauteurs.
L’étude réalisée avec des enregistrements Anabat dans une forêt anglaise conseille de placer des enregistreurs d’ultrasons
à différentes hauteurs pour réaliser des inventaires acoustiques durant la période active des chauves-souris [Lire l’abstract].

– Un article sur les facteurs favorisant la mortalité des chauves-souris par des éoliennes en région Méditerranéenne.
94% des victimes se produiraient entre Août et Octobre, par des températures au-dessus de 13°C et une vitesse de vent inférieure à 5 m/s [Lire l’abstract].

– Un second article sur les chauves-souris victimes des éoliennes avec une étude basée en Grèce.
La principale recommandation de l’étude est d’augmenter la vitesse minimale de vent requise
pour le démarrage des éoliennes à 5 m/s, seuil qui limite les dommages causés aux chauves-souris
avec un impact minime sur la production d’électricité [Lire l’abstract].

L’équipe du Chiroblog

Références bibliographiques
Amorim, F., Rebelo, H., & Rodrigues, L. (2012). Factors Influencing Bat Activity and Mortality at a Wind Farm in the Mediterranean Region. Acta Chiropterologica, 14(2), 439–457. doi:10.3161/150811012X661756

Georgiakakis, P., Kret, E., Cárcamo, B., Doutau, B., Kafkaletou-Diez, A., Vasilakis, D., & Papadatou, E. (2012). Bat Fatalities at Wind Farms in North-Eastern Greece. Acta Chiropterologica, 14(2), 459–468. doi:10.3161/150811012X661765

Pearce, H., & Walters, C. L. (2012). Do Green Roofs Provide Habitat for Bats in Urban Areas? Acta Chiropterologica, 14(2), 469–478. doi:10.3161/150811012X661774

Staton, T., & Poulton, S. (2012). Seasonal Variation in Bat Activity in Relation to Detector Height: A Case Study. Acta Chiropterologica, 14(2), 401–408. doi:10.3161/150811012X661710


 

Actualités en Octobre 2012

vendredi, octobre 5th, 2012
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Une nouvelle sélection d’articles scientifiques pour ce mois d’Octobre 2012 :

– Une article qui résoud un mystère de 65 ans durant lesquels on ne connaissait qu’un seul exemplaire de Paracoelops megalotis, une petite chauve-souris de la famille des Hipposidéridés collectée en 1947 au Vietnam. Personne depuis n’avait jamais réussi à capturer un autre exemplaire de l’espèce qui représente un genre unique. Une re-examination du spécimen type de Paracoelops megalotis a permis de déceller des erreurs importantes dans la description et sa comparaison avec des chauves-souris récemment capturées au Vietnam a permit de conclure que l’espèce n’était autre que Hipposideros pomona, une espèce relativement fréquente en Asie du Sud-Est [télécharger le PDF].

– Une nouvelle phylogénie sur les Murins (Myotis) d’Amérique Centrale et Tropicale a été publiée dans la revue Plos One
[télécharger le PDF]. Sur la base de critères moléculaires, trois nouvelles lignées nt été décrites, elle s’ajoutent aux 15 déjà connues.

– Une publication parue dans le Canadian Journal of Zoology met en évidence l’hybridisation possible
entre les espèces Pipistrellus pipistrellus et P. pygmaeus [lien vers le résumé].

– Un article qui met en évidence l’apprentissage de signaux acoustiques spécifiques aux groupes chez l’Emballonuridae Saccopteryx bilineata, utiles pour la reconnaissance entre individus [lien vers le résumé]

L’équipe du Chiroblog

Références bibliographiques


Thong V.D., Dietz C., Denzinger A., Bates P.J.J., Puechmaille S.J., Callou C. and Schnitzler H-U. (2012). Resolving a mammal mystery: the identity of Paracoelops megalotis (Chiroptera: Hipposideridae). Zootaxa, 3505, 75-85.

Knörnschild, M., Nagy, M., Metz, M., Mayer, F., & von Helversen, O. (2012). Learned vocal group signatures in the polygynous bat Saccopteryx bilineata. Animal Behaviour, 84(4), 761–769. doi:10.1016/j.anbehav.2012.06.029

– Larsen RJ, Knapp MC, Genoways HH, Khan FAA, Larsen PA, et al. (2012) Genetic Diversity of Neotropical Myotis (Chiroptera: Vespertilionidae) with an Emphasis on South American Species. PLoS ONE 7(10): e46578. doi:10.1371/journal.pone.0046578

Sztencel-Jabłonka, A., & Bogdanowicz, W. (2012). Population genetics study of common (Pipistrellus pipistrellus ) and soprano (Pipistrellus pygmaeus) pipistrelle bats from central Europe suggests interspecific hybridization. Canadian Journal of Zoology, 90(10), 1251–1260. doi:10.1139/z2012-092

Est-ce que les femelles et les jeunes chassent ensemble durant l’apprentissage ?

mercredi, août 22nd, 2012
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Plusieurs études tendent à prouver que les jeunes apprendraient par eux-mêmes comment voler, chasser et repérer les territoires riches en ressources. Les juvéniles s’éloigneraient progressivement en augmentant le temps passé à l’extérieur de la colonie, et se nourriraient de façon indépendante de leurs mères. D’après Racey et Swift (1985), le fait que les juvéniles des Pipistrelles communes – Pipistrellus pipistrellus – s’éloigneraient progressivement du gîte de mise bas, indique qu’ils ne suivent pas les adultes, mais qu’ils apprennent à naviguer seuls par familiarisation. Ceci serait aussi attesté dans le cas du Grand murin – Myotis myotis – par Audet (1990) et pour la noctule de Leisler – Nyctalus leisleri – par Shiel et al. (1999). Les « feeding buzz » (« bourdonnements d’alimentation »), en plus des cris sociaux qui sont volontairement émis pour le transfert d’information, peuvent renseigner les chauves-souris sur les ressources alimentaires (Dechmann et al. 2009, Pfalzer & Kusch, 2003).

Dorian et Yann pour le Chiroblog

Références bibliographiques
– Audet, D. (1990). Foraging Behavior and Habitat Use by a Gleaning Bat, Myotis myotis (Chiroptera: Vespertilionidae). Journal of Mammalogy 71, 420–427.

– Dechmann, D. K. N., S. L. Heucke, L. Giuggioli, K. Safi, C. C. Voigt, and Wikelski M. (2009). Experimental Evidence for Group Hunting via Eavesdropping in Echolocating Bats. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 276, 2721–2728.

– Pfalzer, G. & Kusch, J. (2003). Structure and variability of bat social calls: implications for specificity and individual recognition. Journal of Zoology, 261, 21–33.

– Racey, P. A. and S. M. Swift (1985). Feeding Ecology of Pipistrellus pipistrellus (Chiroptera: Vespertilionidae) During Pregnancy and Lactation. I. Foraging Behaviour. Journal of Animal Ecology 54, 205–215.

– Shiel, C. B., R. E. Shiel, and Fairlet J. S. (1999). Seasonal Changes in the Foraging Behaviour of Leisler’s Bats (Nyctalus leisleri) in Ireland as Revealed by Radio-telemetry. Journal of Zoology, 249, 347–358.