Archive for the ‘Conférence’ Category

Actualités en Mai 2012

mardi, mai 15th, 2012

Une nouvelle sélection d’articles scientifiques pour ce mois de mai 2012 :

– Une publication parue dans PloS One qui développe l’utilisation de minibarcodes d’ADN
pour détecter le régime alimentaire du murin montagnard Plecotus macrobullaris [lien vers le résumé et le PDF].

– Une nouvelle classification de la famille des Emballonuridae de l’Ancien Monde
publiée dans Molecular Phylogenetics and Evolution [lien vers le résumé].

– Une nouvelle espèce du Genre Hipposideros viens d’être décrite et son nom, Hipposideros griffini rend homage au Professeur Donald Redfield Griffin (1915–2003) qui a initié de nombreuses recherches sur l’écholocation chez les chauves-souris [lien vers le résumé].

-La classification du groupe ‘turpis’ chez les Hipposideros viens d’être revue avec à la clé deux sous-espèces elevées au rang d’espèces à part entière et une nouvelle sous-espèce décrite [lien vers le PDF].

– Une publication parue dans Nature communications qui décrit la grande diversité des Paramyxoviridae chez les chauves-souris (et chez les rongeurs) [télécharger la communication]. Comme d’autres familles virales (les Coronaviridae par exemple) les Paramyxoviridae, comportant les genres Henipavirus (Virus Nipah et Hendra), mais aussi Rubulavirus (virus ourlien: « les oreillons ») et Morbillivirus (virus de la rougeole, et virus de la peste-des-petits-ruminants) se sont diversifiés chez de multiples groupes de mammifères et particulièrement chez les grands groupes comme les rongeurs et les chiroptères. Nous reviendrons plus en détail sur cet article dans un post à venir.

Par ailleurs, nous vous rappelons les 3èmes rencontres internationales chauves-souris de Berlin ainsi que le Bat Distribution Viewer qui permet de visionner les cartes de répartition des espèces de chiroptères du monde entier.

L’équipe du Chiroblog

Références bibliographiques

– Alberdi, A., Garin, I., Aizpurua, O., & Aihartza, J. (2012). The Foraging Ecology of the Mountain Long-Eared Bat Plecotus macrobullaris Revealed with DNA Mini-Barcodes. PLoS ONE, 7(4), e35692.

– Ruedi, M., Friedli-Weyeneth, N., Teeling, E. C., Puechmaille, S. J., & Goodman, S. M. (2012). Biogeography of Old World emballonurine bats (Chiroptera: Emballonuridae) inferred with mitochondrial and nuclear DNA. Molecular phylogenetics and evolution, 64(1), 211-204. doi:10.1016/j.ympev.2012.03.019

– Thong, V.D., Puechmaille S.J., Denzinger A., Csorba G., Dietz C., Bates P.J.J., Teeling E.C. and Schnitzler H-U. (2012). A new species of Hipposideros (Chiroptera: Hipposideridae) from Vietnam. Journal of Mammalogy, 93(1), 1-11.

-Thong, V.D., Puechmaille S.J., Denzinger A., Bates P.J.J., Dietz C., Csorba G., Soisook P., Teeling E.C., Matsumura S., Furey N. and Schnitzler H-U. (2012). Systematics of the Hipposideros turpis complex with a description of a new subspecies from Vietnam. Mammal Review, 42(2), 166-192.

– Drexler, J. F., Corman, V. M., Müller, M. A., Maganga, G. D., Vallo, P., Binger, T., Gloza-Rausch, F., et al. (2012). Bats host major mammalian paramyxoviruses. Nature Communications, 3, 796.

Conférence sur les énergies éoliennes et les impacts sur la faune sauvage

lundi, mai 7th, 2012

Une conférence sur les énergies éoliennes et les impacts sur la faune sauvage se tiendra du 5 au 7 Février 2013 à Stockholm en Suède.

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site internet dédié à la conférence (site en Anglais) : www.naturvardsverket.se/CWE2013

Séb.

Rencontres nationales chiroptères au muséum d’histoire naturelle de Bourges, 2012

samedi, mars 10th, 2012

Ce week-end du 2-3-4 mars se déroulaient les rencontres nationales chauves-souris de la SFEPM à Bourges.
Plus de 350 personnes (amateurs ou professionnels) se sont retrouvés autours de présentations d’études, de tables rondes et d’ateliers techniques afin d’échanger et se tenir au courant de l’actualité des Chiroptères. Ces rencontres bisanuelles sont un moment incontournable pour toute personne s’intéresssant aux Chiroptères, à tel point que même nos voisins Francophones Suisses ou Belges font le déplacement.

Le site du Muséum de Bourges met à disposition la liste des participants et le programme de ces 3 jours de rencontres.

Un grand merci à l’équipe organisatrice et aux participants, toujours plus nombreux !

L’équipe du Chiroblog

A vos agendas !

vendredi, mars 25th, 2011

De nombreux évènements concernant les chauves-souris sont à venir, il y en aura pour tout le monde !

– Les Rencontres Grand Est, le week-end du 26-27 Mars en Alsace.

– Le Congrès des Conservatoires d’Espaces Naturels du 04 au 07 Avril à Aix les Bains (avec un forum Chiroptères) qui compte déjà près de 900 inscrits ce jour.

– Les Rencontres Grand Ouest en Bretagne à Kernascléden (après l’été). Plus d’informations prochainement sur le site de l’asso organisatrice : Amikiro.

– Le Congrès Européen de Mammalogie, du 19 au 23 Juillet à Paris (en anglais).

– Le Colloque européen Chauves-souris, du 22 au 26 Août en Lituanie.

– Les Rencontres Grand Sud qui auront lieu les 5 et 6 Novembre dans les Gorges du Gardon, organisées dans le cadre du LIFE ChiroMed.

Yann

Retour vers le passé : réunion de Paléontologues aux Etats-Unis !

lundi, novembre 29th, 2010

De nombreux paléontologues se sont réunis au début du mois d’Octobre à Pittsburgh (Etats-Unis) pour le congrès annuel de la Society of Vertebrate Paleontology. Ce fut l’occasion pour les chercheurs travaillant sur les fossiles de Chiroptères de se retrouver, tels Gregg Gunnell, Nancy Simmons, Jörg Habersetzer, Jeremy Hooker, Nicholas Czaplewski, Thierry Smith ainsi qu’Anthony Ravel, jeune doctorant qui travaille à l’Université de Montpellier II sur les fossiles de chauves-souris du Maghreb et d’Asie du Sud-Est. Le registre fossile attribuable aux chiroptères est très fragmentaire. A l’exception de spécimens exceptionnellement bien préservés, le matériel est essentiellement dentaire.

Néanmoins, l’étude des fossiles est primordiale afin d’en apprendre plus sur les origines des chiroptères et notamment l’évolution de l’écholocation et du vol. La découverte d’un nouveau fossile en 2005, Onychonycteris finneyi, analysé par l’équipe de Nancy Simmons, a relancé les débats sur l’apparition de l’écholocation et du vol. Durant ce congrès, Nancy Simmons a défendu son hypothèse du flight-first, l’apparition du vol avant l’écholocation. L’étude du fossile Onychonycteris finneyi, disposant d’ailes courtes, ne semble pas posséder de cochlée élargie. Outre l’élargissement de la cochlée, Nancy Simmons a établi une association de critères morphologiques au niveau crânien qui attesterait de la capacité écholocatrice (élargissement de la cochlée, connection stylohyale-os tympanique, morphologie du stylohyale [forme en pagaie bifurcant vers le sommet du crâne] ou encore morphologie de l’apophyse orbitaire de la malleus [critère non déterminant])

Le spécimen du Wyoming, en plus d’une cochlée étroite, ne semble pas présenter les critères listés ci-dessus. De nombreuses questions se posent alors :

– Quelles étaient les caractéristiques écologiques d’Onychonycteris? (diurne, nocturne ou cathéméral, mode de prédation, habitats,…)

– Quand l’écholocation est-elle apparue ?

– Quelles sont les modalités évolutives dans la mise en place des structures permettant l’écholocation ?

L’étude de l’écholocation et du vol est essentielle afin de comprendre la radiation évolutive des Chiroptères. En effet, ces deux capacités sont des adaptations clés ayant contribué au succès du groupe. Pour rappel, aujourd’hui l’ordre des Chiroptères est le deuxième ordre le plus diversifié au sein des Mammifères placentaires (après les Rongeurs) et que cette diversité est très ancienne (plus de 70% des familles actuelles sont représentées au Paléogène, environ entre -65 et -23 millions d’années).

Par ailleurs, la communauté des paléontologues étudiant les fossiles de Chiroptères travaillerait sur un projet de livre sur ce sujet. Nous vous tiendrons informés dès que nous aurons plus d’informations !

Anthony

Spéciation part 2.

mercredi, septembre 1st, 2010

La spéciation peut se faire selon différents modèles.
La spéciation allopatrique, issue de la division d’une espèce en deux par un évènement géographique, est un modèle de spéciation souvent considéré. L’équipe de Baker (Texas Tech University) l’aurait mis en évidence chez un Phyllostomidae, séparé en deux espèces avec la division de son aire de répartition par le soulèvement des Andes. L’arrêt des échanges entre les deux populations mène progressivement à la formation de deux espèces.
Un autre modèle de spéciation existe, la spéciation sympatrique, où de nouvelles espèces apparaissent dans une même aire géographique. Les ultrasons constituent un axe de recherche majeur dans ce domaine. Une étude menée par Stephen Rossiter (Queen Mary University of London) sur des Rhinolophes asiatiques (Rhinolophus spp.) caractériserait l’apparition (à partir d’un ancêtre commun) de nouvelles espèces due à l’utilisation de différentes fréquences d’émission. Ces dernières seraient responsables de l’utilisation de différentes niches écologiques basées sur différentes proies. Par ailleurs, la communication entre individus serait affectée et il en résulterait progressivement un arrêt des échanges entre les groupes menant à terme à leur séparation totale.

Mais la théorie est souvent bien différente de la pratique, beaucoup de choses restent à découvrir sur la spéciation. C’est un phénomène très complexe où chaque histoire serait unique.

Yann

Spéciation Part 1.

mercredi, septembre 1st, 2010

Après l’exposé de Nancy Simmons sur le nombre d’espèces dans le monde, Manuel Ruedi (Muséum d’Histoire Naturelle de Genève) a ouvert une journée d’échanges dédiée aux dynamiques de spéciation (processus évolutifs par lequels une nouvelle espèce apparaît) et à la taxonomie (caractérisation des espèces). De part la très grande diversité spécifique, les Chiroptères constituent un modèle d’étude privilégié pour la recherche sur la spéciation. La difficulté d’étudier la spéciation réside tout d’abord dans la difficulté à définir une espèce : « A fly in a wine glass ». Aucun consensus n’existe, une définition possible est « un groupe d’individus partageant un même pool de gènes et isolés d’autres groupes ».

Les limites d’étude de la spéciation sont nombreuses pour les scientifiques :
A. Difficultés à identifier le système de reproduction à cause de la difficulté à identifier les sexes sans captures, manque d’informations sur une possible paternité multiple et la structuration des communautés sociales (harems ?)
B. Manque de recherche sur la reconnaissance des partenaires par les sons (eg. cris sociaux) et éventuellement d’autres sens (toucher et odeur ?)
C. Connaissances très parcellaires sur les barrières inter et intra-spécifiques en général.

L’étude de la spéciation s’appuie sur différents axes de recherches : l’étude des morphotypes (morphologie), des sonotypes (ultrasons) et de nombreuses investigations dans le domaine de la biologie moléculaire (haplotypes, caryotypes et fixation des réarrangements chromosomiques, distance génétique entre séquences de gènes). La force d’une étude réside dans l’utilisation intégrée de ces différentes méthodes.

Yann

Combien d’espèces ?

jeudi, août 26th, 2010

En ouverture du congrès, Nancy Simmons était invitée à discuter du nombre d’espèces de chauves souris dans le monde. Le dernier récapitulatif faisait état de 1116 espèces (Simmons, 2005). En 2010, le nombre est estimé à 1232 espèces, soit plus de 116 espèces rajoutées en plus de 6 ans, une augmentation de plus de 10 pour cent de la diversité spécifique! Avec 33 nouvelles espèces en 6 ans, la famille des Phyllostomidae a connu une augmentation de 21 pour cent de sa diversité spécifique en seulement 6 années. L’utilisation des techniques de biologie moléculaire est en grande partie à l’origine de cette explosion de la diversité spécifique. De nouvelles espèces sont découvertes sur le terrain grâce à un effort de prospection mais également dans les tiroirs des collections des Muséums.
Et cette tendance à l’augmentation de la diversité spécifique n’est pas prête de s’arrêter au vu des études à venir, basées sur l’analyse de nombreux critères morphologiques, moléculaires et aussi les traits d’histoire de vie. Avec plus de 900 sous-espèces et l’existence de nombreuses espèces cryptiques, la diversité spécifique des chauves souris nous offre encore beaucoup de surprises : « A new age of discovery » selon l’expression de Nancy Simmons. La solution réside dans le travail collaboratif pour acquérir toujours plus de données dans l’objectif de préciser les relations de parenté avec un objectif de connaissance et aussi de conservation.

Yann

15th International Bat Research Conference – Prague

mercredi, août 25th, 2010

La ville de Prague (République Tchèque) accueille en cette dernière semaine du mois d’Août le 15ème Congrès International de Recherche sur les chauves-souris. Avec plus de 500 participants, c’est le plus grand rassemblement mondial à ce jour des passionnés de chauves-souris. Ces rencontres se destinent à réaliser un « état de l’art » de la recherche sur les chauves-souris, 40 ans après le lancement du 1er congrès en Tchécoslovaquie (actuellement République Tchèque). Plusieurs articles seront postés cette semaine pour vous faire part de ces rencontres et du futur de la recherche en Chiroptérologie. Enjoy!

Yann