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Caractérisation de l’activité des chiroptères sous un parc éolien en activité et au sein d’un site naturel sous l’emprise d’une activité minière en Nouvelle-Calédonie

lundi, avril 18th, 2016

La Nouvelle-Calédonie est un petit archipel d’une superficie de 18 575,5 km2dans le Pacifique, qui abrite 9 espèces de Chiroptères, incluant 4 espèces de renards volants (famille des Pteropodidae). L’enjeu de conservation de ces espèces est d’autant plus important qu’elles constituent la seule faune mammalienne terrestre indigène du pays.

Depuis le milieu des années 1980, le secteur minier et notamment la production de nickel est très important pour l’économie néo-calédonienne (Institut de la Statistique et des Etudes Economiques (ISEE), 2014). Il a transformé les paysages et les conditions de vie des habitants. Ce secteur industriel nécessite des apports énergétiques toujours plus importants et devrait continuer à participer au développement des énergies renouvelables dont l’éolien (IRD, 2012). Les réserves estimées de nickel assurent la possibilité d’extraction sur plusieurs décennies en fonction du rythme de prélèvement et des techniques employées. Le cycle d’activité des industries minières est quasiment ininterrompu.

Jusqu’à présent, aucune étude n’avait été menée sur les impacts de telles activités anthropiques sur les chiroptères. C’est pourquoi ce stage comprend trois axes majeurs de travail:

– Le premier volet tente de déterminer l’éventuel impact des éoliennes sur l’activité des chiroptères (hors renards volants) présents sur un parc éolien.

– Le second volet a pour but de décrire l’utilisation des 3 habitats dominants (Forêt, lisière et maquis) par les chiroptères et de participer à l’élaboration de recommandations sur la gestion des milieux. La zone d’étude est située dans une zone naturelle en instance de destruction pour une extension minière.

– Enfin, le dernier volet correspond à la rédaction de recommandations pour les méthodes de suivis et de prise en compte des chiroptères dans le cadre de projets de développement éolien et/ou minier. Ces recommandations portent sur les possibilités d’atténuation d’impacts ou de compensation pour la conservation de ces espèces. Et cela tant au niveau des études d’avant-projet que post-projet.

Un inventaire acoustique a été effectué du 11 au 13 et du 18 au 22 mai 2015 ainsi que du 1er au 5 et du 15 au 19 juin 2015. Ces dates correspondent hypothétiquement à la période de trêve hivernale (moindre activité des chiroptères de l’archipel), (Thouzeau et Brescia, 2014a ; Millon, com. pers.). Ainsi, il ne s’agit pas de la période idéale pour mener ce genre d’études. Néanmoins, il s’agit des contraintes allouées à la réalisation de ce stage et cela a été pris en compte dans le traitement des résultats. Comme l’activité des chiroptères peut dépendre de la structure du paysage (Millon et al, 2015) et des conditions climatiques (Kerbiriou et al., 2006), les différentes modalités sont échantillonnées les mêmes nuits, de manière à minimiser les biais. Sur le parc éolien, des réplicas de points d’écoutes ont ainsi été réalisés sous 8 éoliennes au total. Chaque éolienne échantillonnée est couplée à une zone témoin environnante afin de pouvoir constater l’éventuel impact des éoliennes sur l’activité des chiroptères. De même, sur le site minier, 5 réplicas ont été réalisés sur les 3 habitats principaux de la zone de l’espace minier : la forêt, la lisière et le maquis. Cette méthodologie est employée dans le but de décrire l’utilisation des habitats par les chiroptères.

Au total, 159 heures d’enregistrements ont été analysés, soit :
– 31 échantillons des 3 premières heures et 30 minutes après le coucher du soleil,
– 5 échantillons de 15 heures (durée d’une nuit entière d’enregistrement).

Des contacts de 2 groupes d’espèces (celles des genres Chalinolobus et Miniopterus) ont été identifiés sur les 2 sites d’études. Chalinolobus neocaledonicus, est majoritairement présent sur le parc et le groupe actuellement indifférenciable Miniopterus australis/ M. macrocneme est majoritairement présent sur le site minier, et cela sur l’ensemble des différentes modalités échantillonnées.

Chalinolobus_neocaledonicus-crop

Chalinolobus neocaledonicus

Résultats de l’activité des chiroptères sur les 2 sites, toutes modalités confondues :

Parc éolien : 52 contacts/3h30 en moyenne
(42 contacts/3h30 de C. neocaledonicus et 10 contacts/3h30 de M.australis/ M.macrocneme).

Site minier : 119 contacts/3h30 en moyenne
(132 contacts/3h30 de C. neocaledonicus et 13 contacts/3h30 de M.australis/macrocneme).

Sonogrammes des espèces étudiées : (A) Chalinolobus neocaledonicus en milieu ouvert et (B) Miniopterus australis/macrocneme en lisière (fenêtre de 50 ms).

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Ce travail a permis de mettre en évidence l’activité notable dans le contexte néo-calédonien des chiroptères sur un site éolien et minier malgré la période inadéquate. La seule étude locale existante avait relevé une activité de 30 contacts/heure en milieu forestier et en période automnale, soit durant la période de gestation des espèces (Thouzeau & Brescia, 2014a). Il est alors possible d’imaginer que ces sites anthropiques sont largement fréquentés par les chauves-souris en période d’activité maximale et pourraient donc engendrer des impacts importants.

Cette étude est à la base de futures recommandations pour la conception de tels projets à l’échelle de l’archipel. Il s’agit d’une amorce justifiant de l’intérêt de mesures de conservation sur ces milieux anthropisés ainsi que de la sauvegarde des milieux favorables. Des recommandations générales et des méthodes d’évaluations d’impact ont été présentées afin de tenir compte de leurs effets sur les chauves-souris. Cependant, ces recommandations restent incomplètes et doivent être développées. Il est nécessaire de continuer à enquêter et réaliser de nouveaux suivis pendant la période de pleine activité. Grâce au cumul des enregistrements de chiroptères, il sera également possible de construire des modèles des caractéristiques des signaux, et enfin d’établir des logiciels d’analyse automatique applicables pour les espèces locales. Mais avant cela il est important de continuer à décrire et relever des mesures des signaux traités afin d’alimenter les connaissances existantes et, dans l’idéal, décrire des données bio-acoustiques pour l’ensemble des espèces du pays. Quelques enregistrements laissent à penser qu’il existe 2 typologies de signaux des Minioptères de la Grande Terre (actuellement indifférenciables). L’une avec une Fréquence terminale de 50,7 à 54,6 kHz et l’autre de 43,5 à 45 kHz. Ce stage aura permis, entre autre, l’identification de cris sociaux de Chalinolobus neocaledonicus jusqu’alors non recensés. Mais également la découverte d’une ensifère (sous-ordre des Ensifera: les sauterelles, grillons et courtilières) pouvant émettre jusqu’à 40 kHz, qui auparavant était confondue avec les émissions de Chalibolobus neocaedonicus. De plus, les résultats de contacts de Chalinolobus neocaledonicus ne sont pas en adéquation avec la biologie arboricole décrite de l’espèce (Kirsch et al., 2002 ; Thouzeau & Brescia 2014b). Dans notre étude cette espèce a surtout été enregistrée dans des milieux ouverts ou de lisière, et nous laisse ainsi penser qu’il reste des notions de sa biologie à découvrir.

Célia Colin

Références bibliographiques
Kirsch R.A., Tupinier Y., Beuneux G. & A. Rainho (2002). Contributions à l’inventaire chiroptèrologique de la Nouvelle-Calédonie. SFEPM. 129p.

Kerbiriou C., Julien J.-F., Ancrenaz K., Gadot A.S., Loïs G., Jiguet F. & R. Julliard (2006). Suivi des espèces communes après les oiseaux … les chauves-souris ? XI Rencontres « Chauves-souris » Muséum de Bourges 18-19 Mars, Bourges, France.

IRD (2012). « Atlas de la Nouvelle-Calédonie ». IRD Orstom. 269p.

Millon L., Julien J.-F., Julliard R. & C. Kerbiriou (2015). Bat activity in intensively farmed landscapes with wind turbines and offset measures. Ecological Engeneering, 75, 250-257.

Thouzeau A. & F. Brescia (2014a). Etude exploratoire des microchiroptères de Nouvelle-Calédonie. IAC. 31p.

Thouzeau A. & F. Brescia (2014b). Les microchiroptères de la Nouvelle-Calédonie. Non publié, 29p.

Webographie :

Site Internet de Institut de la Statistique et des Etudes Economiques de la Nouvelle-Calédonie (ISEE) (consulté le 28/03/2015)

Rétrospective 2014

jeudi, janvier 1st, 2015
2014 aura été une année riche pour le Chiroblog, avec 14 articles et 15 contributeurs sur des sujets très variés ! Après une sélection d’articles scientifiques en Février, nous vous avons proposé de nombreux sujets liés à la conservation des chiroptères : risques de l’ivermectine par Jade, micro-habitats d’arbres par Baptiste, pollution lumineuse par Aurélie, trajectographie par Charlotte, échantillonage acoustique en forêt par Jérémy ou encore prédation de lichis à Madagascar par Rado. Philippe nous a parlé de ses suivis de populations en Albanie, Fiona, Céline et Benjamin dans les petites îles méditerannéennes et Marguerite et Vincent présenté les activités du Groupe Chiroptères Guyane. Pour ce qui est de la systématique, Sébastien et Benjamin nous ont présenté la nouvelle espèce de Minioptère décrite pour le Maghreb et Antony nous a parlé de ses travaux sur les fossiles de Rhinolophes Troglodytes en Chine. Dans un registre comportemental, Sébastien nous a présenté le rôle de l’écholocation dans le choix du partenaire chez les Rhinolophes. Merci beaucoup à tous les contributeurs pour leur participation à la vie de blog. Nous attendons avec impatience les nouveaux articles pour l’année 2015 !
Yann pour l’équipe du Chiroblog

Les Chiroptères des petites îles méditerannéennes

dimanche, avril 27th, 2014

NB: Article faisant suite à la diffusion d’un poster aux 15ème Rencontres nationales chauves-souris de la SFEPM à Bourges les 15 & 16 mars 2014

Depuis 2005, le Conservatoire du Littoral a mis en place l’Initiative PIM pour les Petites Iles de Méditerranée. Il s’agit d’un programme international de promotion et d’assistance à la gestion des espaces insulaires méditerranéens. Son ambition est d’améliorer la connaissance sur ces sites parfois méconnus, en réalisant des inventaires et des suivis de la faune, de la flore, du patrimoine architectural et culturel, et d’accompagner les institutions et partenaires locaux dans la réalisation d’actions de préservation et la mise en œuvre d’une gestion effective de ces territoires d’exception.

Des centaines de notes naturalistes et de documents de gestion ont ainsi été produits, des dizaines de missions de terrain organisées aux quatre coins de la Méditerranée, près de 220 experts ont été mobilisés et de nombreuses opérations pour mieux sensibiliser décideurs, usagers et grand public à l’urgente nécessité de préserver les îles dans leurs dimensions marines et terrestres ont été actionnées.

Si, dans toute la Méditerranée, on dénombre près de 15 000 îles et îlots, le seul bassin occidental en compte plus de 1 200. Ainsi, ce ne sont pas moins de 273 PIM qui ont été recensées sur le territoire français dont 134 en Corse.

Répartition des PIM françaises

 

Parmi les PIM françaises, en 2013, ce sont seulement 9 îles qui ont fait l’objet d’inventaires chiroptérologiques.

Il a ainsi été mis en évidence que certaines espèces de chauve-souris fréquentent les petites îles méditerranéennes. En France, la première mention date de 1955 où V. Aellen signale, pour la première fois, la présence du Petit rhinolophe Rhinolophus hipposideros sur l’île de Port-Cros (83).

Avec 13 espèces contactées, Port-Cros rassemble la plus grande richesse spécifique dénombrée à l’heure actuelle sur les PIM françaises, toute session d’inventaires confondue.

Nombre d’espèces contactées par île ou archipel inventorié

 

Les espèces les plus contactées sur les PIM françaises, toutes îles cumulées, sont : le Vespère de Savi Hypsugo savii, le Molosse de Cestoni Tadarida teniotis, et la Pipistrelle de Kuhl Pipistrellus kuhlii.

Proportion de contacts des différentes espèces fréquentant les PIM françaises

 

Certaines espèces pourraient avoir disparu comme le Petit rhinolophe (contacté en août 1955 sur Port-Cros et en novembre 1956 sur Porquerolles (Aellen, 1998)) pour lequel aucune donnée récente n’existe sur une PIM française.

Plusieurs chiroptères sont connus pour gîter sur certaines de ces PIM françaises. Ainsi, le Minioptère de Schreibers Miniopterus schreibersii occupe le monastère fortifié de l’abbaye de l’île Saint-Honorat (Bastélica & Allegrini, 2013). Des femelles allaitantes de Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus ont été observées regroupées dans l’ancienne cave à vin du village de Porquerolles (Médard & Guibert, 1996). Sur cette même île, un individu de Noctule de Leisler Nyctalus leisleri a été trouvé mort derrière un volet de la poste du village (Médard & Guibert, 1996 op. cit.). L’Oreillard gris Plecotus austriacus se reproduit sur Port-Cros et constitue des groupes d’élevage sur Porquerolles (Médard & Guibert, 1996 op. cit.). Celui-ci se retrouve également dans ses gîtes de mise-bas sur Porquerolles (Médard & Guibert, 1996 op. cit.). Enfin, une colonie de mise-bas d’environ 20 couples de Molosse de Cestoni a été découverte sur Port-Cros (Médard & Guibert, 1996 op. cit.).

Ailleurs, sur le bassin méditerranéen, il existe d’autres données de chiroptères contactés sur les PIM. En Albanie, le genre Plecotus a été observé en gîte sur l’île de Sazani. Sur cette même île, un crâne de Pipistrelle de Kuhl, récolté dans des pelotes de réjection d’Anthene noctua, a également été trouvé (Théou & Bego, 2013). En Italie, sur 47 îles considérées, un total de 16-17 chiroptères ont été recensés, avec un record de 15 espèces contactées sur l’archipel Toscan (Angelici et al., 2009). En Tunisie, des chiroptères (type Murin du Maghreb Myotis punicus) sont mentionnés dans la grotte du débarcadère sud des îles de Cani (Delaugerre & Ouni, 2010).

Or, dans la littérature, il est communément relaté que les chiroptères exploitent les éléments structurant le paysage, aussi appelés corridors écologiques, comme les haies, les alignements d’arbres, les lisières forestières, etc., dans le cadre de leurs déplacements entre leurs gîtes et leurs territoires de chasse ou, selon les espèces, comme zones d’alimentation (Limpens & Kapteyn, 1991 ; Verboom & Huitema, 1997 ; Oakeley & Jones, 1998 ; Russ & Montgomery, 2002 ; Downs & Racey, 2006). De plus, il a été mis en évidence que la dépendance aux éléments linéaires du paysage pour les chauvesouris varie d’une espèce à l’autre. Ainsi, les espèces de petite taille comme le Murin de Daubenton Myotis daubentonii ou encore la Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus sont plus enclines à suivre de près ces linéaires tandis qu’il n’est pas rare de contacter des espèces de plus grande taille et de plus haut vol comme les Noctules Nyctalus sp. et Sérotines Eptesicus sp. traversant de larges étendues ouvertes (Limpens & Kapteyn, 1991 ; Verboom & Huitema, 1997).

Par conséquent, en l’absence de corridor et pour certaines d’éléments visuels permettant de les repérer (lumières, …), nous pouvons nous demander comment les chiroptères, et notamment les espèces de petite taille, repèrent-ils les PIM isolées en mer et parviennent-ils jusqu’à elles ?

Qui plus est, il apparaît naturel de s’interroger sur le rôle que peuvent jouer ces îles et îlots pour les chiroptères. S’agit-il de zones de repli / repos pendant les sessions de chasse, de territoires de chasse et/ou de secteurs préférentiels de gîte, du fait notamment du faible nombre de prédateurs potentiels ?

Enfin, cela nous amène à nous questionner sur l’intérêt pour la protection des chiroptères ou, du moins, de certaines espèces, des PIM en France, et de manière plus générale à l’échelle du bassin méditerranéen. Jouent-elles un rôle clé dans le cadre de leur conservation

 

Fiona, Céline et Benjamin pour le Chiroblog

 

Références bibliographiques :

Aellen V., 1998. Contribution à la connaissance des chauves-souris du sud-est de la France (Mammalia, Chiroptera). Le Rhinolophe, 13 : 53-56.

Angeli F. M., Laurenti A. & Nappi A., 2009. A checklist of the mammals of small italian islands. Hystrix, Italian Journal of Mammalogy, 20: 3-27.

Bastélica F. & Allegrini B., 2013. Inventaires chiroptérologiques de l’île Saint-Honorat (Archipel de Lérins). Note naturaliste PIM. 15 pages.

Delaugerre M. & Ouni R., 2010. Jouzour El Klebe ou îles de Cani (côte nord de la Tunisie): premières observations naturalistes avec une attention particulière pour la faune herpétologique. Note naturaliste initiative PIM 09. 31 pages.

Downs N.C. & Racey P.A. 2006. The use by bats of habitat features in mixed farmland in Scotland. Acta Chiropterologica 8: 169-185.

Limpens H. & Kapteyn K., 1991. Bats, their behaviour and linear landscape elements. Myotis 29: 39-48.

Médard P. & Guibert E., 1996. Chiroptères des îles de Port-Cros et Porquerolles (Archipel des îles d’Hyères, Var, France). Vie et Milieu, 46 (3-4) : 225-231.

Oakeley S.F. & Jones G. 1998. Habitat around maternity roosts of the 55 kHz phonic type of pipistrelle bats Pipistrellus pipistrellus. Journal of Zoology. 245 : 222-228.

Russ J.M. & Montgomery W.I. 2002. Habitat associations of bats in Northern Ireland: implications for conservation. Biological Conservation 108: 49-58.

Theou P. & Bego F., 2013. Etude des populations de chiroptères de l’île de Sazani. Note naturaliste Initiative PIM. 12 pages.

Verboom B. & Huitema H. 1997: The importance of linear landscape elements for the pipistrelle Pipistrellus pipistrellus and the serotine bat Eptesicus serotinus. – Landscape Ecology 12: 117-125.

Afribats: une plate-forme naturaliste internet sur les chauves-souris d’Afrique

lundi, décembre 9th, 2013

AfriBats est une plate-forme naturaliste collaborative qui a pour sujet les chauves-souris d’Afrique. C’est un réseau coordonné par Jakob Fahr et endorsé par l’UICN Bat Specialist Group et Bat Conservation International. Le but de ce projet est de mobiliser les connaissances des amateurs et professionnels pour mieux connaître et mieux protéger les Chiroptères Africains. Le continent Africain et les îles environnantes comptant presque de 300 espèces mais leur distribution géographique reste très peu connue. Plus d’un tiers des espèces sont menacées, avec la perte d’habitats, le dérangement et la destruction des gîtes, la chasse pour la viande de gibier, l’utilisation des terres et des pesticides. Les données collectées dans le cadre du projet sont des éléments précieux pour la conduite de projets scientifiques et d’actions de conservation.

De nombreuses fonctionnalités sont disponibles sur le réseau AfriBats, notamment des cartes de distribution de l’UICN et des fiches espèces. Une des particularités du projet est le fonctionnement en plate-forme collaborative. Vous pouvez mettre en ligne vos clichés et vos enregistrements acoustiques de chauves-souris, les géolocaliser à l’aide des coordonnées GPS ou sur une carte. De plus, vous pouvez ajouter de nombreuses informations parallèles sur les observations (habitat, décompte, sexe, âge, longueur d’avant-bras et masse corporelle). En cas de doute sur l’identification, un outil basé sur les cartes de répartition – l’Identotron – suggère des identifications potentielles. En parallèle, la communauté AfriBats peut être sollicitée pour affiner votre observation, par exemple d’identification au niveau du genre à une identification au niveau spécifique.

Pour rejoindre le réseau et partager vos données, vous pouvez créer un nouveau compte ou vous enregistrer avec votre compte Google, Facebook, Flickl, Yahoo ou Twitter. Vous pouvez alors ajouter vos clichés depuis le disque dur ou depuis vos comptes Facebook, Flick ou Yahoo. Des applications pour iPhone et Androïd sont également disponibles. Si vous l’autorisez, les clichés seront partagés sur l’Encyclopedia of Life (Eol) et les données partagés sur le Global Biodiversity Information Facility (GBIF). En résumé, cette plate-forme naturaliste constitue un outil unique pour favoriser la diffusion des données et des connaissances, dans l’intérêt du grand public et aussi de la recherche scientifique.

Pour plus d’informations, téléchargez le flyer ou rendez-vous sur le site internet d’Afribats.

Yann & Jakob pour le Chiroblog

Epomophorus gambianus (Burkina Faso) (c) Jakob Fahr

Myotis welwitschii (Guinée) (c) Piotr Naskrecki

Pipistrellus tenuipinnis (Côte d’Ivoire) (c) Jakob Fahr

Mops condylurus (Bénin) (c) Jakob Fahr

Description d’une nouvelle espèce de Molossidae – le Dr. François Moutou à l’honneur

lundi, mars 16th, 2009

Une nouvelles espèce de Molossidae originaire des Iles Maurice vient d’être décrite en l’honneur de François Moutou (Unité d’Epidémiologie, AFSSA, Maisons-Alfort, France). L’espèce Mormopterus acetabulosus était auparavant décrite comme présente sur les Iles Maurice et la Réunion. Cependant, une étude morphologique et génétique, menée sur ces différentes îles, a montré que les individus de la Réunion peuvent être regroupés au sein d’une nouvelle espèce. Les auteurs ont nommé cette nouvelle espèce Mormopterus francoismoutoui en l’honneur du docteur François Moutou.

L’article en question peut-être téléchargé en suivant le présent lien (nécessite un accès à BioOne ou au Journal of Mammalogy). La référence de l’article est : Goodman, S. M., B. Jansen van Vuuren, F. Ratrimomanarivo, J.-M. Probst & R. C. K. Bowie (2008). Specific status of populations in the Mascarene Islands referred to Mormopterus acetabulosus (Chiroptera: Molossidae), with description of a new species. Journal of Mammalogy 89: 1316-1327.

Seb.