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Archive pour le mot-clef ‘Taxonomie’

Les actualités principales en bimensuel.

Mercredi 7 décembre 2011

Nous espérons pouvoir vous délivrer un récapitulatif sur l’actualité des chauves-souris dans le monde toutes les deux semaines.

Pour les bonnes nouvelles, les résultats du concours photo pour l’année de la chauve-souris sont en ligne. Félicitations à tous les lauréats ! De plus, nous avons concocté une petite sélection d’articles:

- un papier dans Nature qui confirme le lien entre le champignon Geomyces destructans et le Syndrôme du Museau Blanc (« White Nose Syndrome ») [lien vers le résumé en Anglais].

- un papier dans Nature Communications qui étudie la spéciation chez le plus petit mammifère du Monde, la chauve-souris bourdon (cf. article détaillé d’hier à propos de ce papier sur le Chiroblog), [télécharger le PDF],

- un papier sur le Murin de Natterer (Myotis nattereri), un complexe qui comprendrait 4 espèces dans le Paléarctique Ouest ! [lien vers le résumé en Anglais]

- un deuxieme papier sur le complexe d’espèces du Murin de Natterer qui présente la distribution des ces nouvelles espèces découvertes en France et la possible présence d’une espèce nouvelle pour la science en Corse [télécharger le PDF],

- un papier sur l’effet d’une grande route sur l’activité et la diversité des Chiros [lien vers le résumé en Anglais].

C’est tout pour aujourd’hui, à bientôt pour un nouveau point sur l’actualité des chauves-souris !

Pour l’équipe du Chiroblog,

Yann, Meriadeg & Séb

PS : Pour les utilisateurs de Twitter, RDV sur @bat_yann, @henlakebats et @SmileyBat pour plus d’infos chiros !

Spéciation part 2.

Mercredi 1 septembre 2010

La spéciation peut se faire selon différents modèles.
La spéciation allopatrique, issue de la division d’une espèce en deux par un évènement géographique, est un modèle de spéciation souvent considéré. L’équipe de Baker (Texas Tech University) l’aurait mis en évidence chez un Phyllostomidae, séparé en deux espèces avec la division de son aire de répartition par le soulèvement des Andes. L’arrêt des échanges entre les deux populations mène progressivement à la formation de deux espèces.
Un autre modèle de spéciation existe, la spéciation sympatrique, où de nouvelles espèces apparaissent dans une même aire géographique. Les ultrasons constituent un axe de recherche majeur dans ce domaine. Une étude menée par Stephen Rossiter (Queen Mary University of London) sur des Rhinolophes asiatiques (Rhinolophus spp.) caractériserait l’apparition (à partir d’un ancêtre commun) de nouvelles espèces due à l’utilisation de différentes fréquences d’émission. Ces dernières seraient responsables de l’utilisation de différentes niches écologiques basées sur différentes proies. Par ailleurs, la communication entre individus serait affectée et il en résulterait progressivement un arrêt des échanges entre les groupes menant à terme à leur séparation totale.

Mais la théorie est souvent bien différente de la pratique, beaucoup de choses restent à découvrir sur la spéciation. C’est un phénomène très complexe où chaque histoire serait unique.

Yann

Spéciation Part 1.

Mercredi 1 septembre 2010

Après l’exposé de Nancy Simmons sur le nombre d’espèces dans le monde, Manuel Ruedi (Muséum d’Histoire Naturelle de Genève) a ouvert une journée d’échanges dédiée aux dynamiques de spéciation (processus évolutifs par lequels une nouvelle espèce apparaît) et à la taxonomie (caractérisation des espèces). De part la très grande diversité spécifique, les Chiroptères constituent un modèle d’étude privilégié pour la recherche sur la spéciation. La difficulté d’étudier la spéciation réside tout d’abord dans la difficulté à définir une espèce : « A fly in a wine glass ». Aucun consensus n’existe, une définition possible est « un groupe d’individus partageant un même pool de gènes et isolés d’autres groupes ».

Les limites d’étude de la spéciation sont nombreuses pour les scientifiques :
A. Difficultés à identifier le système de reproduction à cause de la difficulté à identifier les sexes sans captures, manque d’informations sur une possible paternité multiple et la structuration des communautés sociales (harems ?)
B. Manque de recherche sur la reconnaissance des partenaires par les sons (eg. cris sociaux) et éventuellement d’autres sens (toucher et odeur ?)
C. Connaissances très parcellaires sur les barrières inter et intra-spécifiques en général.

L’étude de la spéciation s’appuie sur différents axes de recherches : l’étude des morphotypes (morphologie), des sonotypes (ultrasons) et de nombreuses investigations dans le domaine de la biologie moléculaire (haplotypes, caryotypes et fixation des réarrangements chromosomiques, distance génétique entre séquences de gènes). La force d’une étude réside dans l’utilisation intégrée de ces différentes méthodes.

Yann

Combien d’espèces ?

Jeudi 26 août 2010

En ouverture du congrès, Nancy Simmons était invitée à discuter du nombre d’espèces de chauves souris dans le monde. Le dernier récapitulatif faisait état de 1116 espèces (Simmons, 2005). En 2010, le nombre est estimé à 1232 espèces, soit plus de 116 espèces rajoutées en plus de 6 ans, une augmentation de plus de 10 pour cent de la diversité spécifique! Avec 33 nouvelles espèces en 6 ans, la famille des Phyllostomidae a connu une augmentation de 21 pour cent de sa diversité spécifique en seulement 6 années. L’utilisation des techniques de biologie moléculaire est en grande partie à l’origine de cette explosion de la diversité spécifique. De nouvelles espèces sont découvertes sur le terrain grâce à un effort de prospection mais également dans les tiroirs des collections des Muséums.
Et cette tendance à l’augmentation de la diversité spécifique n’est pas prête de s’arrêter au vu des études à venir, basées sur l’analyse de nombreux critères morphologiques, moléculaires et aussi les traits d’histoire de vie. Avec plus de 900 sous-espèces et l’existence de nombreuses espèces cryptiques, la diversité spécifique des chauves souris nous offre encore beaucoup de surprises : « A new age of discovery » selon l’expression de Nancy Simmons. La solution réside dans le travail collaboratif pour acquérir toujours plus de données dans l’objectif de préciser les relations de parenté avec un objectif de connaissance et aussi de conservation.

Yann